Du plaisir à la passion à travers le prisme de photographies, de commentaires œnologiques et autres
17 Septembre 2024
Département essentiellement rural, la Lozère réserve de nombreuses surprises qui nous ravissent à chaque visite.
Un territoire avec une multitude de paysages qui offre un cadre exceptionnel dans un environnement calme et très agréable. Des lieux propices à la randonnée et toujours de belles rencontres à la clé...
Cet article, compilation de mes publications sur Facebook, sera complété au fur et à mesure des parutions.
Qu'elle est belle ma Lozère
Quand elle s'endort pour l'hiver
Qu'elle est belle ma Lozère
Quand elle renaît pour l'été.
La Margeride vous accueille
Avec ses ruisseaux de pêcheurs
Avec dans l'ombre de ses feuilles
Un feu de bois brûlant la peur.
La vérité de la récolte
Sous le mois royal de juillet
Déloge toutes les révoltes
Puis fait face aux jeunes mariés.
Qu'elle est belle ma Lozère
Quand elle s'endort pour l'hiver
Qu'elle est belle ma Lozère
Quand elle renaît pour l'été.
Sur les Monts d'Aubrac on rencontre
Quelques vaches et quelques taureaux
Un cantalès dans la pénombre
Prépare un bon aligot.
Sur des sentiers de promenade
Longeant les lacs et les forêts
On se retrouve par mégarde
Au fond d'un village isolé.
Qu'elle est belle ma Lozère
Quand elle s'endort pour l'hiver
Qu'elle est belle ma Lozère
Quand elle renaît pour l'été.
Puis quand les Causses vous invitent
A goûter leur fromage fort
Vous devenez un peu trop vite
L'intime image de leur sort.
Les chardons se mettent en fête
Autour des brebis, dans les blés
Un berger entame la sieste
Où le soleil s'est affalé.
Qu'elle est belle ma Lozère
Quand elle s'endort pour l'hiver
Qu'elle est belle ma Lozère
Quand elle renaît pour l'été.
On parle beaucoup des Cévennes
Avec Chabrol et Stevenson
Un Parc National sur les veines
Mais connaît-on leurs vraies chansons ?
Il faut marcher dans leur courage
Pour expédier une photo
Aux futurs visiteurs sauvages
Qui confondraient avec Rio.
Qu'elle est belle ma Lozère
Quand elle s'endort pour l'hiver
Qu'elle est belle ma Lozère
Quand elle renaît pour l'été.
Didier BONNAL
Un matin, sur les hauteurs de Nasbinals à 1300 m
L'église Sainte-Marie de Nasbinals est une étape incontournable pour les randonneurs à la coquille. Construite au cours des XIème et XIIème siècles, elle est remaniée au cours du XIVème siècle sans perdre son style roman auvergnat.
Sur la croisée du transept s’élève un clocher octogonal qui se termine majestueusement par une flèche. Son portail est orné de voussures en plein-cintre encadrées de chapiteaux historiés remarquablement sculptés.
Autre particularité, dans le mur extérieur de la chapelle sud, est sculpté dans du calcaire l’un des cadrans solaires les plus anciens du département daté de 1500.
L'O de là... Une belle réalisation sur le chemin de St Jacques.
L'Oculus du Roc des Loups : Marchastel
“Même si ça peut faire penser à la porte des étoiles,... c’est en réalité une table d’orientation et d’interprétation” confie Xavier Bonnet, paysagiste concepteur à Clermont-Ferrand. “Mais, posée à la verticale et ouverte en son centre, elle invite l'œil à passer à travers et à regarder vraiment le paysage. En son pourtour, sont évoqués les sommets environnants, les bourgs, les forêts, les tourbières, les anciens volcans… une part de l’histoire de ce paysage pour mieux le comprendre
L'oculus a été placé à 100 m du chemin de Saint Jacques pour son intégration discrète dans le paysage et à un endroit où la vue est dominante.
Voici un commentaire du tailleur de pierres :
“C’était un sacré défi, mais on aime les projets d'exception” raconte Emmanuel Hebrard, tailleur de pierre à La Villedieu dans le Cantal. “Il nous a fallu d’abord trouver le bloc de pierre, un seul bloc de lave de basalte de 2,5 sur 2,5 mètres extrait de la carrière de Bouzentès. Le premier avait finalement une fissure naturelle, il nous a fallu en trouver un second. Et puis le tailler, le graver. Nous avons reçu une nouvelle machine cette année, suffisamment grande pour intervenir sur des blocs de cette envergure. Elle a dû fonctionner 24 heures sur 24 pendant 3 semaines pour terminer la pièce.”
Un grand défi a été de monter cet oculus au roc des loups. Cela a été réalisé le 25 mai dans l'après midi, il a été mis en place le 26 mai 2023 à 14h00.
Evidement, certains vont aimer, d'autres détester, ce qui est le cas pour les oeuvres d'art, mais pour les habitants de Marchastel, il s'agit bien d'une table d'orientation en pierre volcanique, posée verticalement, avec interprétation du paysage qui se lit des 2 cotés.
Nymphe, se revêtant toujours
de ce qui la dénude,
que ton corps s'exalte pour
l'onde ronde et rude.
Sans repos tu changes d'habit,
même de chevelure ;
derrière tant de fuite, ta vie
reste présence pure.
Petite cascade : Rainer Maria Rilke
Cascade du Déroc : Nasbinals
La cascade du Déroc domine de 30 mètres la petite vallée glaciaire du ruisseau de Gambaïse : points de vue imprenables sur la région de Marchastel avec, en arrière plan, les vastes étendues de l'Aubrac granitique lozérien.
On accède à la cascade depuis un petit chemin à un peu plus de 2 km de Nasbinals. En suivant le ruisseau, on arrive au bord du ravin. Là, l'affluent du Bès et les eaux du lac de Salhiens se précipitent depuis le rebord de basalte sous laquelle s'est formée une grotte. Son plafond est constitué de gros prismes basaltiques remarquables par leur géométrie (cf photos).
Cette grotte découverte par le docteur Prunière devait servir de refuge aux brigands de grands chemins.
La preuve, j'y suis arrivé...
Ô cloche ! c'est l'écho sonore
Des sombres âges glorieux,
Qui soupire et sanglote encore
Dans ton silence harmonieux.
En nos coeurs, tes branles magiques,
Dolents et rêveurs, font vibrer
Des souvenances nostalgiques,
Douces à nous faire pleurer.
Nérée Beauchemin.
Église Romane Sainte-Lucie à Saint-Léger-De-Peyre
Petit édifice de style roman sur lequel sont passées les tourmentes de l'Histoire, l'église a été très remaniée.
Le clocher-mur à deux baies superposées, accessible de l'extérieur par un escalier de granit, porte deux cloches. La plus grosse, Marie-Lucie, fondue par Joseph Pierre d'Avignon, fut offerte par J.B. Remise et F. Jarousse ; Monseigneur Remise fut son parrain.
L'église, du XIIème siècle est restaurée par l'association des "Amis de Sainte-Lucie".
Elle était fermée lors de mon passage.
Etre dans la nature ainsi qu’un arbre humain,
Etendre ses désirs comme un profond feuillage,
Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage,
La sève universelle affluer dans ses mains !
Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,
Boire le sel ardent des embruns et des pleurs,
Et goûter chaudement la joie et la douleur
Qui font une buée humaine dans l’espace !
Sentir dans son cœur vif, l’air, le feu et le sang
Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre ;
S’élever au réel et pencher au mystère,
Etre le jour qui monte et l’ombre qui descend.
Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise,
Laisser du cœur vermeil couler la flamme et l’eau,
Et comme l’aube claire appuyée au coteau
Avoir l’âme qui rêve, au bord du monde assise…
Anna de Noailles
Sur les hauteurs de Saint-Léger-sur-Peyre
Arbre anthropomorphe ou corps arborescent ?
Une paréidolie : pas de recours à l'IA, juste une surprise sur un chemin. Une de plus...
Les ombres se ravivent encor
Et s'allongent et s'étalent dans le décor
Des rues de Marvejols en Lozère.
Elles ne rentreront qu'au soir où plus ni vent ni bruit
Ne bougent,
Toutes ensemble, au bercail de la nuit.
Emile Verhaeren légèrement adapté...
Ciel de Rue : dans les rues de Marvejols cet été.
Dans le ciel de Marvejols, 1 400 napperons en crochet réalisés par de nombreux bénévoles, notamment dans les maisons de retraite de Marvejols, mais pas seulement. Une initiative du MarveLoz' Pop Festival - Les Formicables, supervisée par Claire Nogaret. L'association tient à remercier tous les bénévoles et les services techniques de la Ville de Marvejols pour leur implication dans ce projet.
Belle, vaste, élancée en sa grandeur de pierre,
En sa nef où ne luit qu’une pâle lumière,
Mystérieuse avec cette noble sombreur,
La vieille église règne, au sein de sa hauteur ;
Le regard sérieux se plonge dans la voûte ;
Tout fait silence… Eh bien ! le voyageur écoute,
Il écoute longtemps un écho du passé…
Delphine Adélaïde Souchier
Collégiale Notre-Dame de la Carce à Marvejols
La première église de Marvejols date de la fin du XIIème siècle. Elle devient collégiale en 1310.
Cette église souffre beaucoup des guerres de Religion. Les travaux de restauration et de réédification durent toute la seconde moitié du XVIIème siècle.
L'église Notre-Dame de la Carce témoigne du renouveau de l'architecture religieuse en France au XVIIème siècle, en réaction contre la Réforme. Ce n'est donc pas un hasard si, en Lozère, c'est à Marvejols, place forte du protestantisme en Gévaudan, que l'influence des modèles jésuites se manifeste : le plan de l'église, la sobriété de la façade extérieure, le soin apporté aux portails...
Le grand clocher actuel est, au XVIIème siècle, couvert par un dôme.
L’intérieur très riche avec la statue de Notre Dame de la Carce tenant l’enfant Jésus par la main, la chaire également inscrite, l’orgue, les peintures murales, une chapelle dédiée à Saint-Roch qui rappelle que la ville et le Gévaudan ont été victimes du fléau de la peste de 1720 à 1723.
Je veux le lac
Dis-moi, tu peux ?
Car je veux
Retrouver le lac dans tes yeux
Mais dis-moi si tu peux...
"Le Lac" par Vendredi sur Mer
Lac de Charpal
Terre austère et sauvage, la Margeride se reflète dans le lac de Charpal comme dans un miroir. Perché à 1 358 mètres d’altitude le lac, classé Natura 2000, est ceinturé de pins, de hêtres et de tourbières. Ce lac artificiel a vu le jour, dans les années 1920, pour servir de dépôt de munitions sous-lacustre pour les armées ! (À l'issue de la Première Guerre mondiale, les autorités militaires françaises auraient sélectionné les montagnes de la Margeride pour dissimuler un dépôt de munitions sous-lacustre. C'est ainsi que l'on explique la construction entre 1923 et 1929 d'une ligne de chemin de fer d'une quinzaine de kilomètres destinée à acheminer dans un premier temps les matériaux nécessaires à la construction du barrage et, dans un second temps, les munitions à immerger. L'absence de documents officiels concernant la construction de la ligne conforte l'hypothèse militaire ; néanmoins, le fait que la ligne ait été déferrée dès 1938, une fois le barrage construit, laisse supposer l'abandon du projet.)
Une destinée à laquelle il a échappé pour finalement servir de réserve d’eau pour le bassin de Mende, en Lozère. On chemine ici entre tourbières et flore lacustre sur un parcours aménagé. Paradis des pêcheurs (no kill), on peut aussi tout simplement s’asseoir au bord de l’eau pour profiter de la sérénité du lieu.
Aux vapeurs du matin, sous les fauves ramures
Que le vent automnal emplit de longs murmures,
Les rivaux, les deux cerfs luttent dans les halliers :
Depuis l'heure du soir où leur fureur errante
Les entraîna tous deux vers la biche odorante,
Ils se frappent l'un l'autre à grands coups d'andouillers.
Suants, fumants, en feu, quand vint l'aube incertaine,
Tous deux sont allés boire ensemble à la fontaine,
Puis d'un choc plus terrible ils ont mêlé leurs bois.
Leurs bonds dans les taillis font le bruit de la grêle ;
Ils halettent, ils sont fourbus, leur jarret grêle
Flageole du frisson de leurs prochains abois.
Et cependant, tranquille et sa robe lustrée,
La biche au ventre clair, la bête désirée
Attend ; ses jeunes dents mordent les arbrisseaux ;
Elle écoute passer les souffles et les râles ;
Et, tiède dans le vent, la fauve odeur des mâles
D'un prompt frémissement effleure ses naseaux.
Anatole France
Un spectacle que l'on ne peut oublier sur les hauteurs en Lozère.
Serverette
Au sommet de la colline, sur un amas de chaos granitique, la statue en fonte de la Vierge Marie surplombe le village de Serverette. Elle mesure 3,80 mètres et pèse près de 2050 kg. Elle fut inaugurée le 29 avril 1877. Les habitants ont conservé depuis lors la coutume d'une rencontre religieuse à ses pieds tous les 15 août. Un feu d'artifice y est tiré sur place ce jour-là. Le site est éclairé chaque nuit de l'année depuis 1925. Au pied de ce rocher, on jouit d'un très beau panorama sur le village de Serverette, la rivière Truyère et les monts de la Margeride.
La Fontaine de Jouvence
J’aime l’eau des fontaines
chantant dans les bassins
sa joyeuse rengaine
aux froufrous cristallins.
Vive et impatiente
elle fait mille tours
pour garder transparente
l’écume de ses jours.
En sa rythmique danse
d’un manège sans fin
elle sourd et s’élance
en gracieux dessins.
Ses figures isotropes
forment furtivement
un kaléidoscope
aux liquides fragments.
Son élégant murmure
ravit les promeneurs
il berce et il rassure
les pigeons picoreurs.
Les belles demoiselles
fréquentant les jardins
relèvent leurs dentelles
pour rafraîchir leurs mains.
Dans cette eau en mouvance
elles leur offrent un temps
un pur bain de jouvence
à l’ombre du printemps.
Les hommes en goguette
s’approchent pour flirter,
l’on voit leurs yeux en fête
dans l’onde miroiter.
Alors autour des vasques
aux purs jaillissements
des mots aphrodisiaques
s’échangent tendrement.
Et sur chaque fontaine
cachées dans les jeux d’eau
les nymphes en leur domaine
veillent les tourtereaux.
Jean, Louis, Paul GERVAIS (1859-1944)
Fontaine du Barry à Serverette
Un peu plus loin, une autre fontaine édifiée à l'emplacement où se trouvaient trois sources dont l'eau était utilisée pour produire la Gauzinette, la limonade locale. La fontaine de la Fontanelle.
Au fond d'une nécropole
une sombre alvéole
où une momie sommeille
Comme saisie de bamboche
une bande s'effiloche
et une momie s'éveille.
Le long ruban désinvolte
se déroule, virevolte
captif d'un vent funambule
Une momie déambule.
Joyeuse, la banderole
entame une farandole
en recherche d'équilibre
L'ancienne momie est libre.
Libre de toute contention
une simple invocation
et cette nouvelle momie
fera une belle Zombie !
Ah ! la contention... Difficile d'y échapper !
Varech
La nécropole de Cagnot à Serverette
Ici un chemin de l'histoire vous conduit auprès de mystérieux tombeaux qui pour l'heure gardent encore leurs secrets... Entre moulins et Truyère où jadis la cadisserie était la première industrie en Gévaudan, territoire de la production lainière.
Ce site abrite une nécropole composée d'une vingtaine de tombes creusées dans le granit. Leurs formes confirment que les défunts étaient allongées sur le dos, les membres inférieurs en extension.
Cette nécropole a été remarquée dés le début du 19ème siècle. A cette époque les tombes n'avaient plus de couvercle et étaient vides de tout indice susceptible de donner une indication sur l'époque de ces sépultures. Mais si l'on compare l'architecture de cette nécropole avec d'autres connues et datées, on peut penser que celle-ci est de l'époque mérovingienne (Vème - VIème siècle).
Tu n’en reviendras pas toi qui courais les filles
Jeune homme dont j’ai vu battre le cœur à nu,
Quand j’ai déchiré ta chemise et toi non plus
Tu n’en reviendras pas vieux joueur de manille.
Qu’un obus a coupé par le travers en deux
Pour une fois qu’il avait un jeu du tonnerre,
Et toi le tatoué l’ancien légionnaire
Tu survivras longtemps sans visage sans yeux.
On part Dieu sait pour où, ça tient du mauvais rêve.
On glissera le long de la ligne de feu,
Quelque part ça commence à n’être plus du jeu
Les bonshommes là-bas attendent la relève.
Roule au loin, roule train des dernières lueurs,
Les soldats assoupis que ta danse secouent,
Laissent pencher leur front et fléchissent le cou,
Cela sent le tabac, l’haleine, la sueur.
Comment vous regarder sans voir vos destinées
Fiancés de la terre et promis des douleurs
La veilleuse vous fait de la couleur des pleurs
Vous bougez vaguement vos jambes condamnées.
Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit,
Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places,
Déjà le souvenir de vos amours s’efface,
Déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri.
Louis Aragon (1897 - 1982)
Monument aux morts à Serverette
Le village n'a pas été épargné par les deux grandes guerres :
En 1923, le monument aux morts, comportant un poilu en bronze est édifié.
A la sortie de Serverette, en direction de St Chély, un 2ème monument nous rappelle le sacrifice d'un résistant Maxime Jacquemont.
Une pensée pour tous ces disparus souvent à la fleur de l'âge...
Dans ce lieu, l’eau et le temps se mêlent en harmonie,
Raconte le moulin, témoin des jours et des nuits, veilleur infini,
"Chaque pierre, chaque planche, résonne de mon passé lointain"
Il garde les histoires en son vallon serein.
Philippe Porcel
Moulin et ses reflets à Serverette
Serverette fut l'un des premiers villages à recevoir l'électricité en 1922, grâce à une microcentrale appartenant à M. Conze et animée par un moteur de marine.
Le moulin de Serverette (ancien moulin Conze) a été rebaptisé par son propriétaire le moulin des 5 Pierre.
Le poème se pose sur le reflet de l’eau
Dans l’axe étale du plan
Sans bruit
Il flotte indicible
Juste au-dessus de l’eau.
Vincent Breton
Reflets dorés de l'ancienne poste dans la Truyère à Serverette
Le village de Serverette s’est formé autour de l’église St-Jean. Il s’appelait jadis "la Vachellerie". Pour des raisons de sécurité, il se déplaça vers le château de Serverette (de Cerveireta, domaine fréquenté par des cerfs). Serverette devint une ville forte retranchée derrière ses remparts, qui comptaient sept portes et autant de tours.
Après... il n'y a pas d'après. J'avance, je fends de grandes roches d'années, masses de lumière compacte, je descends des galeries de mines de sable, je perce des couloirs qui se referment comme des lèvres de granit. Et je retourne à la plaine, la plaine où il est toujours midi, où un soleil identique tombe fixement sur un paysage figé. Et n'en finissent pas de tomber les douze heures, ni de bourdonner les mouches ni de s'étoiler en éclats cette minute qui ne passe pas, qui seulement brûle et ne passe pas.
Liberte sur parole, 1929 - Octavio Paz
Piquets de clôture en granit sur les hauteurs de Javols
Le massif de la Margeride s’est formé autour de - 320 millions d’années, avant de s’aplanir sous l’érosion durant l’ère secondaire. C’est la surrection des Alpes qui provoquera la remontée du massif, correspondant sur le plan géomorphologique à un horst, c’est-à-dire un espace surélevé entre deux failles. Le granite fait partie de l’identité margeridienne. Le plus commun est le granite porphyroïde gris, avec de gros cristaux de feldspath, dit "à dents de cheval", avec des brillances de mica et de quartz. Matériau de construction, il est partout et marque fortement les maisons à l’architecture traditionnelle, le petit patrimoine, les croix, les piquets de clôture ou encore les murets de séparation. Il façonne le paysage et se retrouve en blocs isolés ou en chaos d’énormes rochers.
Sources : Pascal Dribault, guide conférencier
Visite à ne pas manquer du Musée archéologique de Javols. Merci à Zelda pour son accueil et ses informations concernant cette histoire locale trop méconnue mais passionnante.
Voyageur, le chemin
C’est les traces de tes pas
C’est tout ; voyageur,
il n’y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant,
Le chemin se fait en marchant.
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler.
Voyageur ! Il n’y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer.
Tout passe et tout demeure
Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant
Des chemins
Des chemins sur la mer...
Antonio Machado
Chemin faisant, sur les hauteurs de Javols.
Toujours des rencontres surprenantes...
Oh la vache!
Elle me regarde d’un air malicieux
Mais qu’est-ce qu’elle est féminine
Les cheveux dans le vent au parfum
De foin, elle est poésie dans les prés.
Elle longe la clôture pour qu’on la remarque
Tout en marchant lentement en ruminant.
Elle pose pour qu’on la prenne en photo
Elle charme avec sa robe couleur froment.
Reine des pâturages, meugle à perte haleine
Si elle désire qu’on lui tâtonne les mamelles.
On l’entend de la vallée, qu'elle en fait trembler
Les mouches qui tournent pour l’embrasser.
Vous me troublez avec vos yeux de biche
Vos cornes en lyre vers le ciel, prient la lune
Pour ne point être agitées, afin que votre pis
Soit généreux pour que le lait coule à flot.
Oh divine !
Votre sourire ne pourra mentir sur la photo
Il restera encore des années au fond du frigo.
Vous êtes belle avec vos boucles d’oreilles
J’acclame la "Vache qui Rit" à l’infini...
D Isabelle
Une belle Aubrac aux cornes asymétriques sur les hauteurs de Javols
Le café enfumé, attire les passants
La vitrine embrumée cache les résidents
La gnole coule a flot dans ce lieu indécent
Qu’on appel bistrot, cabaret, restaurant
Les femmes haïssent les patrons qui servent sans raison
De grandes pintes de bières à des maris pochtrons
Ces chopes sont méritées après un dur labeur
Une journée entière à voir tourner l’heure
On y boit des cafés, de simples jus pressés
On y fume cigarettes, cigares ou calumets
On y rentre souvent, on vide un verre ou deux
On y sort fréquemment un peu plus comateux
Le tenancier ici est un fin psychologue
Conseille quelques uns, écoute les monologues
Après quelques gorgées on se confie à ceux
Qui sont encore debout et ont les yeux vitreux
Le simple gentilhomme devient rapidement
Le meilleur des amis qu’on ait eu à présent
Le gérant sait doser et donne juste de quoi
Embrumer les esprits, mais sans les assommer
Ils reviendront demain commander à nouveau
De quoi rincer leurs gorges et masquer quelques maux
J’y ai mes habitudes, mes boissons préférées
Mes places favorites, de fameux tabourets
Je me retrouve parfois avachi par le poids
De l’alcool si lourd qui coule tout en moi
J’aime lever mon bras, faire signe à ceux
Qui au bar sourient et se sentent plus heureux.
Antoinetatou
Bar Cool à Javols
Un bistrot comme on aime en trouver sur une route improbable. Merci Richard de perpétuer ce bel état d'esprit dans ce lieu atypique et plus que sympathique.
Par mes ancêtres il fut bâti,
Sur les hauteurs, en plein midi,
Telle une montagne imprenable,
Il fût conté dans bien des fables.
Le troubadour narrait ses murs,
Et son histoire jadis si pure,
Où en ces lieux vivait un sage,
Aux belles pensées, celles d’un autre âge.
Quant à la cour, emplie de belles,
Comme une éloge à l’éternel,
En festoyant et s’enivrant,
Pour le regard d’un prince charmant.
Mes serfs, mes pauvres y accouraient,
Quand l’ennemi au loin grondait,
Trouvant ainsi en lui refuge,
Avant que ne s’abatte le déluge.
Je sens l’odeur de ses pierres,
Qui m’ont vu naître un soir d’hiver,
C’est avec elles que je vieillis,
Avant que ne s’enfuit ma vie.
Frédéric Reszel
Château de la Baume à Prinsuéjols-Malbouzon
Le château de la Baume, surnommé "le Versailles du Gévaudan", est le seul château de grande taille érigé dans le département à l’époque classique. Il était le siège de la baronnie des seigneurs de Peyre.
Le document le plus ancien mentionnant le château remonte à 1275. À l’issue des Guerres de Religion, les barons de Peyre décidèrent de reconstruire un nouveau château pour les accueillir, dès 1632, après le démantèlement du siège de la baronnie du Roc de Peyre et ils choisirent la Baume. Le château subit ensuite une campagne d’agrandissement entre 1690 et 1715 pour créer l’extension sud, afin de rappeler Versailles.
L’état actuel du château date du début du XVIIIème siècle. Par son aspect extérieur, il se rapproche davantage des constructions médiévales à vocation défensive. Sa décoration intérieure est exubérante à influence italienne et versaillaise.
Les propriétaires sont des descendants d’Emmanuel de Las Cases, le fameux compagnon d’exil de Napoléon Bonaparte.
Les photos à l'intérieur n'étant pas autorisées, vous ne pourrez donc en voir, mais la visite vaut le détour.
Sources : Lozère Tourisme
Gilles LUCIANI (Auteur Photographe)
Expositions
Expo Galerie Haut Brion à Pessac en 2016
Maison des Arts à Gujan-Mestras en Août 2017
Cabane Cap Noroit, Port de Larros à Gujan-Mestras octobre 2017 à mai 2018
Vinimarché St-Genès, à Bordeaux juin/juillet 2018
Maison des Arts à Gujan-Mestras août 2018
Caves Briaud à Bordeaux, septembre 2018
La Conserverie à Bordeaux, décembre 2018 et janvier 2019
Le GascoPub à Pessac, avril, mai et juin 2019
Maison des Arts à Gujan-Mestras du 20 au 26 août 2019
Comptoir d'Indochine à Bordeaux du 1er septembre au 15 octobre 2019
Cabane 248 Port de Larros à Gujan-Mestras les 17 et 18 octobre 2020
Le Café de l'Horloge à Talence du 6 mars 2020 à fin septembre 2021
Atelier Galerie "La Muse Art Règne" 10 Grand'Rue de l'Horloge à Cordes sur Ciel (Tarn) du 22 octobre au 6 novembre 2022
Expo-Vente de Créations : 26 et 27 novembre 2022 Salle de France, 39 rue A. France à Pessac (33)
Reflets : Le Café de l'Horloge à Talence du 6 avril 2023 au 7 juin 2023
Portes Ouvertes : Vignobles Martinho au Château Martinens à Margaux le 16 et 17 juin 2023 de 9 h à 17 h
Atelier Galerie "La Muse Art Règne" 10 Grand'Rue de l'Horloge à Cordes sur Ciel (Tarn) du 21 octobre au 5 novembre 2023
Portes Ouvertes : Vignobles Martinho au Château Martinens à Margaux le 15 juin 2024 de 9 h à 17 h
Atelier Galerie "La Muse Art Règne" 10 Grand'Rue de l'Horloge à Cordes sur Ciel (Tarn) du 7 au 21 juillet 2024