Du plaisir à la passion à travers le prisme de photographies, de commentaires œnologiques et autres
18 Mars 2024
Depuis la nuit des temps, l’Inde fascine autant qu’elle inquiète. Pour une première découverte de ce pays, commencer par le Kerala peut être une solution facilitante.
Cartes de l'Inde et du Kerala
Le nom de Kerala est la dénomination traditionnelle de l'ancien royaume tamoul de Chera. Il proviendrait de kera signifiant "palmier de coco" et alam signifiant "terre" ou "pays", ce qui correspondrait en malayalam à "Terre des palmiers de coco" en raison de la présence des nombreux palmiers dans cet État du Sud.
Le Kerala, s'étend sur près de 600 km de Mangalore (limite sud de l'État du Karnataka) jusqu'au sud de Trivandrum (capitale du Kerala), formant une longue bande de terre bordée par la mer d'Arabie et la chaîne des Ghats, long massif montagneux de l'arrière-pays.
C’est dans le Kerala que l’on retrouve le plus haut taux d’alphabétisation de l’Inde avec 94% contre 64% en moyenne pour l’ensemble du pays. Avec ses 34 millions d’habitants, il s’agit de l’un des états indiens parmi les plus riches.
Les Kéralais ont en moyenne une meilleure qualité de vie et leur système de santé et d’éducation sont presque similaires à ceux des pays occidentaux.
Le Kerala est globalement assez propre et la pauvreté y est moins visible que dans d’autres régions de l’Inde.
Les communautés religieuses Hindou, Musulmane et Chrétienne y vivent en harmonie.
Reconnais-tu cet homme? Il est pêcheur de lune.
Il navigue la nuit sur un bateau de bois.
Le vent gonfle sa voile au gré de la fortune
Et le pousse au pays des rêves aux abois.
Comme un vieux loup de mer, son visage se hâle
Aux embruns de cette eau qui baigne la Grande Ourse
Et l'on entend parfois une vague qui râle
De devoir, sur sa peau, finir sa longue course.
Une barbe blanchie par le sel de l'espace
Couvre les souvenirs de tout ce temps qu'il passe
A chercher la lumière au milieu de la nuit.
Mais s'il ferme les yeux, c'est pour mieux voir la route
Qui mène à cette lune où ses filets, sans doute,
Ramèneront l'éclat d'un soleil de minuit.
Joël Grenier
Pêcheurs autour de Cherai Beach au dessous du Raveendra Bridge au Nord de Kochi
Juste quelques poissons, des crevettes et des huîtres pour ces pêcheurs de lune. C'est déjà une belle journée qui commence.
Un vieux pêcheur venu relever ses rets
fut étonné d'y trouver un poisson d'or
mais ce qui suivit le surpris plus encore
Cet Alevin parlait d'un ton fort et net.
"Ami Laisse-moi, s'il te plait, la vie sauve,
je peux exaucer, pour ce fait, trois de tes vœux.
Sur l'honneur, je te donnerai ce que tu veux,
bien avant que la nuit ne devienne mauve".
Le gai pêcheur savait ce qu'il allait demander.
"Pour ma poésie, donne-moi un ordinateur
avec imprimante, cela ferait mon bonheur,
pour ma moitié, splendide cuisine aménagée".
Le pêcheur, sur son portable, passait de longues heures
Sa femme préparait jolies recettes qu'il appréciait
demain elle ira au bord de l'eau, pour le dernier souhait
Elle parlera avec son cœur, à ce petit poisson d'or.
"Je te vois triste, brave femme, n'aimes-tu point le cadeau ?"
"Mon mari ne voit que par l'ordi, il rencontre une amie,
il ne regarde plus avec moi, les douze coups de midi
Il rit seul, ne pense qu'internet, sa libido est à l'eau."
"Vois ton mari, il râle déjà sur le bug de l'ordinateur,
Sa muse est partie, il est malheureux devant les pages blanches
Pour l'amour, prévois sur ton lit, roses et un matelas étanche.
Il ne grognera plus quand tu lui diras ; on mange à quelle heure.
Catriane
Ramendage des filets de pêche à Munambam Fishing Harbor
Dis-moi ton cœur parfois s'envole-t-il, Agathe,
Loin du noir océan de l'immonde cité
Vers un autre océan où la splendeur éclate,
Bleu, clair, profond, ainsi que la virginité ?
Dis-moi, ton cœur parfois s'envole-t-il, Agathe ?
La mer la vaste mer, console nos labeurs !
Quel démon a doté la mer, rauque chanteuse
Qu'accompagne l'immense orgue des vents grondeurs,
De cette fonction sublime de berceuse ?
La mer, la vaste mer, console nos labeurs !
Emporte-moi wagon ! Enlève-moi, frégate !
Loin ! Loin ! Ici la boue est faite de nos pleurs !
Est-il vrai que parfois le triste cœur d'Agathe
Dise : Loin des remords, des crimes, des douleurs,
Emporte-moi, wagon, enlève-moi, frégate ?
Comme vous êtes loin, paradis parfumé,
Où sous un clair azur tout n'est qu'amour et joie,
Où tout ce que l'on aime est digne d'être aimé,
Où dans la volupté pure le cœur se noie !
Comme vous êtes loin, paradis parfumé !
Mais le vert paradis des amours enfantines,
Les courses, les chansons, les baisers, les bouquets,
Les violons vibrant derrière les collines,
Avec les brocs de vin, le soir, dans les bosquets,
Mais le vert paradis des amours enfantines,
L'innocent paradis, plein de plaisirs furtifs,
Est-il déjà plus loin que l'Inde et que la Chine ?
Peut-on le rappeler avec des cris plaintifs,
Et l'animer encore d'une voix argentine,
L'innocent paradis plein de plaisirs furtifs ?
Les Fleurs du mal : Charles Baudelaire
Bateaux à quai à Munambam Fishing Harbor
Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.
Par delà des vagues de toits, j’aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.
Si c’eût été un pauvre vieux homme, j’aurais refait la sienne tout aussi aisément.
Et je me couche, fier d’avoir vécu et souffert dans d’autres que moi-même.
Peut-être me direz-vous :
"Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ?"
Qu’importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m’a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis ?
Charles Baudelaire
Dans le palais Mattancherry à Fort Kochi
Le palais Mattancherry, également connu sous le nom de palais hollandais, est l'un des plus beaux exemples du style d'architecture du Kerala d'influences coloniales. Situé à environ 12 km d'Ernakulam, il a été construit vers 1545 par les Portugais en guise de cadeau au roi Veera Kerala Verma de la dynastie des Kochi. Il fut connu sous le nom de palais hollandais (Dutch Palace), car il avait subi des réparations majeures de la part des Hollandais. Il est célèbre pour ses longs et spacieux halls ainsi que pour sa cour centrale sans oublier ses peintures murales extraordinaires.
Ses fenêtres m'auront fait divaguer et replonger dans les mots de Baudelaire même si ici, c'est l'extérieur verdoyant qui a apporté une douce touche colorée.
Un enfant
Ça vous décroche un rêve
Ça le porte à ses lèvres
Et ça part en chantant
Un enfant
Avec un peu de chance
Ça entend le silence
Et ça pleure des diamants
Et ça rit à n’en savoir que faire
Et ça pleure en nous voyant pleurer
Ça s’endort de l’or sous les paupières
Et ça dort pour mieux nous faire rêver
Un enfant
Ça écoute le merle
Qui dépose ses perles
Sur la portée du vent
Un enfant
C’est le dernier poète
D’un monde qui s’entête
A vouloir devenir grand
Et ça demande si les nuages ont des ailes
Et ça s’inquiète d’une neige tombée
Et ça croit que nous sommes fidèles
Et ça se doute qu’il n’y a plus de fées
Mais un enfant
Et nous fuyons l’enfance
Un enfant
Et nous voilà passants
Un enfant
Et nous voilà patience
Un enfant
Et nous voilà passés...
Jacques Brel
Photo prise par Marie-Jo à Kochi (Cochin) au Dhobi Khana Public Laundry (lavoirs publics)
Les origines du Dhobi Khana remontent à la période coloniale, lorsque des officiers hollandais avaient amené de nombreux villageois tamouls à Kochi pour travailler comme blanchisseurs. Cette communauté tamoule a été organisée pour la première fois dans les années 1920 et est devenue connue sous le nom de communauté Vannar. Elle a conservé son identité au fil des ans.
À l'heure actuelle, environ 40 familles de la communauté utilisent ce Khana. Chaque cabine avec lavabos et réservoirs d'eau est attribuée à une famille.
Techniquement, personne n’est autorisé à utiliser les ustensiles de lavage de quelqu’un d’autre. Habituellement, les hommes lavent les vêtements et les femmes de la famille les aident à sécher et à repasser les vêtements.
Quant à la grande machine à laver posée dans un coin, elle est utilisée lorsque certaines personnes sont malades et incapables de travailler. Mais la manière traditionnelle est celle qui est la plus utilisée ici.
Le Dhobi Khana à Kochi, en Inde, est un exemple fascinant de tradition de blanchisserie qui a survécu à l'épreuve du temps. Situé principalement dans le quartier de Veli, ce centre de lavage est exploité par la communauté des Dhobis, une caste spécialisée dans le lavage des vêtements depuis des générations. Ces blanchisseurs utilisent des méthodes traditionnelles pour laver le linge, une pratique qui se distingue par son caractère artisanal et manuel.
Le Dhobi Khana est plus qu'un simple lieu de travail, il représente un élément crucial du patrimoine culturel et social de Kochi. Les méthodes de lavage, bien que simples, sont le fruit d'un savoir-faire transmis de génération en génération, reflétant la richesse des traditions locales. Les vêtements sont lavés à la main dans de grands bassins, puis battus sur des pierres avant d'être étendus au soleil pour sécher.
Ce lieu est également un espace social important pour la communauté locale. Les Dhobis, tout en vaquant à leurs occupations, partagent des nouvelles et des histoires, renforçant ainsi les liens sociaux. Pour les visiteurs, le Dhobi Khana offre un aperçu unique de la vie quotidienne traditionnelle à Kochi, loin des sentiers battus touristiques.
Avec l'avènement de la modernisation, le Dhobi Khana reste un bastion de la tradition, résistant à la pression des méthodes modernes de blanchisserie. Sa préservation est devenue un enjeu important pour maintenir vivantes les traditions culturelles de la région.
Assez assez j’en ai assez
Gémit le fer à repasser
J’en ai assez d’aller et venir
Sur ma planche sans avenir
J’en ai assez de souffler
Toujours le chaud et le mouillé
Sur les maillots les pantalons
Les corsages et les jupons
Les blouses me donnent le blues
Quand il faut les presser par douze
Et les mouchoirs sont ma terreur
Soupire encore le fer-vapeur
Assez assez j’en ai assez
Gémit le fer à repasser...
Joël Sadeler
Repassage dans le Dhobi Khana à Kochi.
Vous souvenez-vous de ces fers à repasser utilisés pas nos anciens ?
Le maquillage n'embellit pas le visage mais les regards qui s'y posent.
Fatou Diome
Le kathakali (കഥകളി, (de katha histoire et kali, jeu, en malayâlam) est une forme de théâtre dansé originaire de l'État du Kerala. Il s'est codifié il y a plus de cinq siècles à partir de formes traditionnelles comme le Krishnanattam et le Kutiyattam. C'est une combinaison spectaculaire de drame, de danse, de musique et de rituel. Les personnages, aux maquillages élaborés et aux costumes raffinés reconstituent des épisodes tirés des épopées hindoues, le Mahâbhârata, le Rāmāyana et de la vie de Krishna. Les formes et les couleurs du maquillage sont toutes codées, selon l'interprétation du personnage représenté sur scène (prince vertueux, personnage démoniaque, sexe, hiérarchie et qualité).
Le maquillage est composé de divers minéraux et pigments, broyés sur une pierre et mélangés à de l'huile de noix de coco avant d'être appliqués sur le visage. L'application du maquillage facial élaboré nécessite des heures de travail de la part des acteurs.
Où va la Main, va le Regard,
Où va le Regard, va l’Esprit,
Où va l’Esprit, va l’Âme,
Où va l’Âme, là est l’émotion.
Le Maître de Kathakali à son élève...
Maquillage préalable avant la représentation de Kathakali : Fort Kochi
Le Kathakali utilise aujourd'hui un certain nombre de types de maquillage. Celui-ci, appelé paccu, utilise de la peinture faciale verte et est le plus fréquemment utilisé pour les personnages divins ou nobles. La coloration verte est circonscrite par une bordure peinte en blanc, le cutti.
C’est là que le maquilleur se met en place, assis en tailleur pour réaliser les cutti, éléments de papier blanc collés sur le visage, qui mettent en valeur les maquillages et les expressions. À ses côtés sont disposés le petit matériel, ciseaux, papier, colle et bandelettes de tissu, dont il se sert pour poser les cuṭṭi. Autrefois les cuṭṭi étaient faits de couches successives de pâte de riz mélangée à de la glu. Il fallait alors près de quatre heures pour les construire. L’utilisation du papier est apparue vers les années cinquante.
La marque de Vishnu est souvent appliquée sur le front avec des marques rouges et noires sur une base jaune composée de pâte de riz. Le regard est encadré en soulignant les sourcils et les paupières inférieures avec un pigment noir doux, s'étendant sur les côtés du visage.
Je suis l’aigrette d’un pissenlit lointain
Ma mère est-elle cette terre ?
Mon père est-il ce vent qui m’a conduit ici ?
Je ne reconnais pas la terre maternelle ou je suis né
Je ne reconnais pas la culture qui m'a permis de germer.
Le temps a tellement coulé
Le vent a tellement soufflé
Soufflé sur mes faisceaux de soie, pour me planter là, cette terre, ce bois.
Je suis l’aigrette d’un pissenlit lointain.
♫♪ Robin Chartier ♫♪
Aigrettes, hérons blancs, corbeau et crabier de Gray (Ardeola grayii, Indian Pond Heron) sur et autour des filets chinois à Kochi
Ne scelle pas mes lèvres au cadenas du silence
Car j'ai dans le cœur une histoire irracontée.
Délivre mes pieds de ces fers qui les retiennent
Car cette passion m'a bouleversée.
Viens, homme, viens, égoïste.
Viens ouvrir les portes de la cage.
Toute une vie, tu m'as voulue en prison
Dans le souffle de cet instant, enfin, délivre-moi.
Je suis l'oiseau, cet oiseau qui depuis longtemps
Songe à prendre son envol.
Mon chant s'est fait plainte dans ma poitrine serrée
Et dans les désirs, ma vie a reflué.
Ne scelle pas mes lèvres au cadenas du silence,
Car il me faut dire mes secrets
Et que je fasse entendre au monde entier,
Le crépitement enflammé de mes chants.
Viens, ouvre la porte, que je m'envole
Vers le ciel limpide du poème.
Si tu me laisses m'envoler
Je me ferai rose à la roseraie du poème.
Mes lèvres sucrées par tes baisers
Mon corps parfumé à ton corps
Mon regard avec ses étincelles cachées
Mon cœur plaintif, par toi rougi.
Mais ô homme, homme égoïste,
Ne dis pas c'est une honte, que mon poème est honteux.
Pour ceux dont le cœur est enfiévré, le sais-tu,
L'espace de cette cage est étroite, si étroite ?
Ne dis pas que mon poème était péché tout entier,
De cette honte, de ce péché, laisse-moi ma part.
Je te laisse le paradis, ses houris et ses sources,
Toi, laisse-moi un abri au cœur de l'enfer.
Livre, intimité, poème, silence.
Voilà pour moi, les sources de l'ivresse.
Qu'importe de n'avoir pas voie au paradis
Puisqu'en mon cœur est un paradis éternel !
Lorsque dans la nuit, la lune danse en silence
Dans le ciel confus et éteint,
Toi, tu dors et moi, ivre de désirs inassouvis
Je prends contre moi le corps du clair de lune.
La brise m'a déjà pris des milliers de baisers,
Et j'ai mille fois embrassé le soleil
Dans cette prison dont tu étais le geôlier.
Une nuit, au profond de mon être un baiser me fit vaciller.
Rejette loin de toi l'illusion de l'honneur, homme
Car ma honte m'est jouissance ivre
Et je sais que Dieu me pardonnera
Car il a donné au poète un cœur fou.
Viens, ouvre la porte, que je déploie mes ailes
Vers le ciel limpide du poème.
Si tu me laissais m'envoler,
Je me ferais rose à la roseraie du poème.
Magnifiques mots de Forough Farrokhzad, poétesse iranienne que je vous laisse découvrir.
Photo prise à Fort Kochi
Mes cheveux sont trop longs,
Il me faut les couper.
Où dénicher un coiffeur
Qui puisse libérer
Ma tête de ce poids
D'inutile présence ?
Celui que j'ai trouvé
N'a pas l'air méchant.
Il lui faut un couteau
Qu'il pourrait,
Dit-il
Emprunter au boucher...
Un beau couteau tranchant
De la sciure
Pour absorber le sang
De l'eau pas trop gazeuse
Pour tout nettoyer.
J'ignore encore
Si je vais rester
Dans ce fauteuil
Où je me suis assis confiant...
Jacques Herman
Coupe d'été chez ce très gentil et efficace coiffeur de Kochi. Je lui avais écrit les consignes en malayalam. Il a parfaitement compris. Bravo à lui. J'en avais grand besoin.
Dans un coin de ce restau,
Où la lumière se faisait rare,
Trône tout en acier un lavabo,
Sur une chaise d'alu bizarre.
Le chrome brille, froid et pur.
L'alu, léger, semble danser
Une danse improbable dos au mur,
Mais rapidement en a assez.
Le lavabo attend son heure,
Où quelques mains se laveront,
La chaise, elle, patiente, sans pleurs,
Son rôle, supporter cet affront...
B9
Une rencontre insolite ce jour dans un restaurant à Fort Kochi
Certains ont intérêt à se tenir à carreau, vous ne trouvez pas ?
Scène de vie près de Cherai Beach...
Se tenir à carreau est une expression du Moyen Âge qui signifiait se mettre à l'abri dans une bataille pour ne pas être à la portée d'un carreau d'arbalète (flèche).
Originellement, carreau désignait un projectile d'arbalète. Pendant la Révolution française, dans la salle du Tribunal révolutionnaire, le public se trouvait sur une partie dallée, faite de carreaux et n'avait pas le droit de s'exprimer. D'où l'expression "Se tenir à carreau".
Plusieurs versions existent...
Le mur des Lamentations...
Sans commentaire
Cathédrale métropolitaine Notre-Dame-de-Lourdes de Thrissur.
C'est l'une des plus grandes églises. Elle est située au cœur de la ville de Thrissur. Dédiée à Notre-Dame de Lourdes, l'église se distingue par son intérieur imposant. L'attraction principale est un sanctuaire souterrain qui est un chef-d'œuvre de la conception architecturale. Le père John Maliekkal aurait planifié et construit cette église. L'extérieur de cette église présente une façade indo-européenne avec d'immenses flèches. Le centenaire de cette église a été célébré lors de la visite historique du pape Jean-Paul II à Thrissur en 1986. L'église cathédrale attire des milliers de pèlerins chaque mois.
L’architecture de la cathédrale est une merveille, mêlant éléments gothiques et touches indiennes, avec ses façades imposantes, ses sculptures détaillées et ses fenêtres colorées de vitraux.
Un petit cochon rose
Etait triste et morose
Il errait dans ma cour
Pour trouver du secours.
Il n'avait pas envie
De terminer sa vie,
Découpé en quartier
Auprès d'un charcutier.
Pour éviter le pire
De cet affreux martyre,
Je le mis au cellier
Pour se faire oublier.
Là, sa queue fit merveille
Pour oublier les bouteilles,
Car mon petit cochon
Était un tire bouchon !!!!!!
Rastignac
Photos prises à Thrissur
Que je t’aime quand sur ma poupe
Des festons de mille couleurs,
Pendant au vent qui les découpe,
Te couronnent comme une coupe
Dont les bords sont voilés de fleurs.
Viens, à ma barque fugitive
Viens donner le baiser d’adieux ;
Roule autour une voix plaintive,
Et de l’écume de ta rive
Mouille encor mon front et mes yeux.
Partout, sur ta rive chérie,
Où l’amour éveilla mon coeur,
Mon âme, à sa vue attendrie,
Trouve un asile, une patrie,
Et des débris de son bonheur,
Flotte au hasard : sur quelque plage
Que tu me fasses dériver,
Chaque flot m’apporte une image ;
Chaque rocher de ton rivage
Me fait souvenir ou rêver.
Alphonse de Lamartine
Un immense plaisir d'avoir retrouvé Binu et Ancy (Marari Charlys Homestay) à Mararikulam.
Un peu de repos fera le plus grand bien durant quelques jours.
Il est nuit : la mer dans son lit repose,
Assoupie au loin si tranquillement
Que pas une brise à cette heure n'ose
Troubler d'un baiser son recueillement.
Sans murmure aucun, sans aucune ride,
Qu'elle est belle à voir cette mer qui dort,
Laissant admirer dans le flot limpide
A la claire nuit ses étoiles d'or !
Pour jouir ainsi de ce calme immense,
Quel est ton secret, ô mer ? Dis-le-moi !
Car je sais un cœur, un cœur en démence,
Qui voudrait enfin dormir comme toi !
Joseph Autran
Un plaisir de retrouver Binu et Ancy à Mararikulam, dans leur belle demeure (Marari Charlys Homestay)
La mer d'Arabie à 29° nous a enveloppés d'une douceur enivrante.
Tel un filet qui filtre la mer, mon regard pêche des images et mon carnet garde au frais tout ce que mes yeux attrapent.
Alain Serres
Sur la plage au retour d'une nuit de pêche, le travail quotidien des pêcheurs à Mararikulam, au Nord d'Alleppey (Alappuzha).
Merci à Dennis (le pêcheur sur les dernières photos) et ses collègues pour leur gentillesse et leur patience.
J'ai retrouvé le banc de Georges Marchais...
Tu prends ta cuillère
sans faire de manières
garde ta fourchette
près de ton assiette
Et si tu es sage
mais vraiment très sa-a-ge
t’auras un petit couteau
tiens-toi tiens-toi comme il faut
Et si tu es sage
mais vraiment très sa-a-ge
t’auras un petit couteau…
mais qui coupe pas trop
🎵🎶 Henri Des. 🎵🎶
Couverts étoilés au Café Dolphin, un soir sur la plage de Marari.
Sur les bords de la Marne
Un crapaud il y a
Qui pleure à chaudes larmes
Sous un acacia.
- Dis-moi pourquoi tu pleures
Mon joli crapaud ?
- C’est que j’ai le malheur
De n’être pas beau.
Sur les bords de la Seine
Un crapaud il y a
Qui chante à perdre haleine
Dans son charabia.
- Dis-moi pourquoi tu chantes
Mon vilain crapaud ?
- Je chante à voix plaisante,
Car je suis très beau,
Des bords de la Marne aux bords de la Seine
Avec les sirènes.
Robert Desnos
Rencontre fortuite dans la nuit avec un prince charmant en devenir...
Duttaphrynus melanostictus, le Crapaud masqué (appelé aussi crapaud noir tacheté d'Asie), est une espèce d'amphibiens de la famille des Bufonidae.
Description
Le sommet de la tête a plusieurs crêtes osseuses, le long du bord du museau (crête rostrale), en face de l'œil (pré-orbitales), au-dessus de l'œil (supra-orbitaire), derrière l'œil (post-orbitaire), et une courte entre l'œil et l'oreille (orbito-tympanique) ; Le museau est court et émoussé et l'espace entre les yeux est plus large que la largeur de la paupière supérieure. Le premier doigt est souvent plus long que le second et les orteils au moins à moitié palmés. La face dorsale est recouverte de verrues épineuses. La face dorsale est jaunâtre ou brunâtre et les épines et les crêtes sont noires. Le ventre est de couleur unie. Les mâles ont un sac vocal et des plaquettes noires sur la face interne des doigts qui aident à maintenir la femelle pendant l'accouplement.
Dans leur cercueil de fer-blanc
plein d’huile au puant relent
marinent décapités
ces petits corps argentés
pareils aux guillotinés
là-bas au champ des navets !
Elles ont vu les mers, les
côtes grises de Thulé,
sous les brumes argentées
la Mer du Nord enchantée…
Maintenant dans le fer-blanc
et l’huile au puant relent
de toxiques restaurants
les servent à leurs clients !
Mais loin derrière la nue
leur pauvre âmette ingénue
dit sa muette chanson
au Paradis-des-poissons,
une mer fraîche et lunaire
pâle comme un poitrinaire,
la Mer de Sérénité
aux longs reflets argentés
où durant l’éternité,
sans plus craindre jamais les
cormorans et les filets,
après leur mort nageront
tous les bons petits poissons !…
Sans voix, sans mains, sans genoux
sardines, priez pour nous !…
Georges Fourest : 1909
Retour de pêche au petit matin.
Plage De Marari à Mararikulam
Regarder avec calme sans haine sa vie
Donner aux autres ce flegme tranquille
Oublier colère, stress qui nous a emplis
Programme divin loin des pacotilles.
Savourer chaque minute amoureusement
Comme si elle en était digne car unique
Vivre avec empressement l’instant présent
Pourrait, devrait être un but ultime, pratique.
Edulcorer enfin à jamais nos si sensibles cœurs
Décider de les remplir d’apaisantes couleurs
Exit : tristesse, mélancolie, noirceur et douleur
Bienvenue à la simplicité d’un tendre bonheur.
Croire en la douceur de l’amitié, l’amour
Les laisser prendre leur place en nos âmes
Nous emplir sans ombrage ni vain détour
Tapisser nos esprits de velours sans drame.
Le projet est digne et sans faille, mais de taille
Car dompter le mal n’est pas une mince affaire
Faire semblant serait juste un vil feu de paille
Il serait terriblement dommageable qu’il prolifère.
J’aimerais tant qu’enfin mon âme soit en paix
Qu’elle ne s’emplisse que d’une douce sérénité
Afin par contagion de la disséminer, la propager
A ce monde violent et fou, pour juste le calmer.
Isabelle Cassou
Quelques instants de douceur à Marari Beach...
Un crabe, souviens-toi,
Ça marche, ça marche.
Un crabe, souviens-toi,
Ça marche de guingois.
Un crabe, méfie-toi,
Ça pince, ça pince,
Un crabe, méfie-toi,
Fais attention à tes doigts.
Corinne Albaut
Spectacle quotidien le long des plages du Kerala, où les crabes jouent avec les vagues et se réfugient dans un trou très profond dont ils dégagent le sable régulièrement.
Dans le cœur de l’été, quand le soleil ruisselle
Et décoche à grands traits ses averses de feu,
Que de tout l’horizon et du firmament bleu,
Nous subissons l’ardeur que son disque recèle,
Quand nous ne disposons plus d’aucune étincelle,
Que de notre atonie, il faut faire l’aveu,
Que notre seule idée et principal enjeu
Consiste à se garer de l’astre qui harcèle,
On me trouve allongé dans mon hamac tendu
Entre les troncs rugueux d’un tilleul et d’un chêne
Sous la fraîche ramée où la torpeur m’enchaîne.
Comme en lévitation, dans les airs, suspendu,
Avec le pépiement des oiseaux pour escorte,
Le sommeil m’engourdit et en douce m’emporte...
Renaud BOSC
Hamac le long de la magnifique plage da Mararikulam.
Quelques cocotiers à défaut de tilleul ou de chêne feront parfaitement l'affaire aussi. Je confirme...
Notre corps est la barque qui nous portera jusqu'à l'autre rive de l'océan de la vie. Il faut en prendre soin.
Swami Vivekananda
Mararikulam Beach
Des couleurs qui font du bien et qui permettent de reprendre des forces pour la poursuite du périple.
Sans un bruit, sans un signe, un coeur s'est brisé
Au milieu d'une foule riante, amusée.
Sans aucun mot ni pleurs, du ciel, il est tombé,
Petit Prince chu d'une planète égarée.
Cent morceaux et lambeaux d'une vie éclatée
Sur des rives inconnues se sont échoués.
Dans ce naufrage caché, nul n'a crié.
Seul le vent a surpris un sanglot étouffé !
Sur ce gouffre immense, la mer s'est refermée
Emportant par le fond des espoirs insensés.
Sur le sable gît, en eaux noires et glacées,
La coque d'un bateau que la vie a quittée.
Le corail fleurira année après année,
Le soleil brillera été après été,
Ni marins ni gabiers ne sauront renflouer
Ce navire que la foudre un jour fit sombrer.
Elisabeth Lafont
Sur la plage à Mararikulam (Marari), je hisse très haut mes apparats colorés...
A des années lumière de moi,
Le phare se dressait fier et droit
Du lointain récif rocheux,
Dardait ses rayons lumineux.
Mon frêle esquif errait en mer
Ballotté au gré du destin,
Affrontant Neptune en colère,
Il avait perdu son chemin.
Le long voyage est monotone
Les astres ont cessé de briller
Jamais tristesse ne m'abandonne,
Je cherche le chemin de la paix.
Sauvée ! je vois tes rayons d'or ;
Phare, mon soleil en pleine nuit,
Tu guides ma barque vers le port
La solitude enfin me fuit.
Ta lumière présente à toute heure
Dispense joie et poésie,
Ouvre la route du bonheur
Et redonne un sens à ma vie.
Gris de l'absence, nuage passe...
Et ta lumière comme aujourd'hui
Cessant de briller dans ma nuit,
Laisse à mélancolie sa place.
Sans toi la vie est un enfer,
Rude traversée du désert,
Longue croisière en solitaire
Qu'en équipage je veux faire.
Mon coeur aspire à ton retour
Pour que ma route soit éclairée,
Lumineuse comme un ciel d'été
Avec pour horizon, l'amour.
Pour que les étoiles par milliers,
Illuminent l'écrin bleuté
Du monde où l'on va partager
Rêves et sentiments secrets.
Sylvie AGEA
Phare d'Alleppey (Alappuzha)
Ce phare rayé blanc et rouge est à quelques rues de la plage. L’escalier en colimaçon permet de grimper au sommet pour profiter d’une vue à 360° sur une Alappuzha étonnamment verdoyante. La visite de ce phare de 33 mètres de haut permet de jouir d'un large panorama sur la ville et sur l'océan. Édifié en 1862, il est ouvert au public depuis 2007. À la fin du XVIIIe siècle, à l'époque du royaume de Travancore, cet endroit abritait l'un des ports marchands les plus importants du Kerala. Auparavant tout blanc, il arbore dorénavant des bandes horizontales rouges et blanches. La montée s'effectue par le biais d'un escalier en spirale en teck de 27 mètres.
Dans l’or des grèves les filets traînent
Fleuris d’étoiles incrustés d’algues.
Bleu de méduses et coquillages
Mailles par où passent les sirènes.
Les filets dorment sur la plage
Rêvant de poissons mystérieux
Étrange marsouin au dos soyeux
Baleines blanches des mers australes.
Bouchons légers dans les sables beiges
Pas lourds parmi les bouchons de liège.
Bouchons de malheur ne dansent plus,
Pêcheur ta pêche est bien perdue.
Où sont les marées fabuleuses
Où sont grand-mère les poissons noirs
Dont on raconte dans les histoires
Qu’ils sont la pêche miraculeuse.
Les jours poursuivent les lendemains
Dans l’espoir fou des filets pleins.
Mais que peux-tu pêcheur de misère,
Ta pêche ne ramène que chimère.
Filet crevé filet mouillé
Poisson cruel et filet crevé
Filet mouillé filet de soleil.
♫ Jacques Douai ♪
Scène de vie sur la plage d'Odayam à Varkala
Pris dans son filet, reprise dans son filet, le quotidien du pêcheur...
Bleu est le ciel dans le travail des marins.
Les cordes des âges tendues entre leurs mains,
Les départs risqués vers de bégayants langages,
Entre leurs mains qui sèment des signaux l’étrange langage.
Grincez roues dentées dans la bouche des mers
Le long de la chaîne qui nous lie à la côte...
Tristan Tzara
Remontage des filets de pêche sur la plage d'Odayam à Varkala : Kerala (Inde du sud) Comme si vous y étiez. J'ai délaissé l'appareil ensuite pour tirer aussi sur la corde. Le soka tira n'était pas loin...
J’en suis restée sans voix, dit la carpe : un beau soir,
Ce maquereau sans foi m’a traitée de morue
Et comme un églefin m’a jetée à la rue,
Me laissant toute sole en un lieu triste et noir.
M’engouffrant dans un bar, je vis un capitaine,
Un Allemand paisible et bâti comme un roc,
Qui, d’un thon apaisant, pour atténuer ma peine
Sut délicatement trouver les mots haddock.
Tenez bon, disait-il, ne prenez pas la fuite,
Même si tésormais fos brochets sont des truites,
Car il parlait parfois avec un fort accent.
Vous maudissez le saur mais il vous tend la perche :
Il vous offre à l’instant ce que chacun recherche :
Vivre libre plutôt que de marcher hareng.
André Jupin
Juste un poisson récupéré après tant d'effort... Mais pas n'importe quel poisson, un Kingfish sur la plage d'Odayam à Varkala.
Également célèbre sous le nom de maquereau royal de l'Indopacifique, ce poisson est une sous-espèce de la variété du maquereau. Il se trouve en abondance dans l’océan Indien et ses environs. Il peut atteindre environ 45 kg. Il est considéré comme un combattant très puissant. Pour éviter d'être attrapé, il peut sauter hors de l'eau et surprendre également le pêcheur. C'est un poisson très apprécié en Inde et au Sri-Lanka.
Le pêcheur, vidant ses filets,
Voit les poissons d’or de la Loire
Glacés d’argent sur leur nageoire
Et mieux vêtus que des varlets.
Teints encor des ardents reflets
Du soleil et du flot de moire,
Le pêcheur, vidant ses filets,
Voit les poissons d’or de la Loire.
Les beaux captifs, admirez-les !
Ils brillent sur la terre noire,
Glorifiant de sa victoire,
Jaunes, pourprés et violets,
Le pêcheur vidant ses filets.
Théodore de Banville, Les cariatides
La Loire est loin, mais la magie est présente aussi ici à Varkala (Edava Beach).
Il a traversé les âges
Le vieux sage.
Maintenant il est penché
D’en avoir trop vu passer.
S’il pouvait parler
Il nous en raconterait
Guerres, victoires, paix
Pleurs, douleurs, joie retrouvée.
La tête dans les nuages
Il préfère ses amis les oiseaux.
Il donne abri et hommage
Aux hiboux, tourterelles, moineaux…
Ne croyez pas que les humains l’indiffèrent,
C’est juste qu’il préfère le paradis à l’enfer.
Sa sève, c’est la douleur qui le transperce,
Pour nous, le sang et pleurs qu’il verse.
Il a traversé des tempêtes, des orages
Résisté aux bombes, aux mitrailles,
J’espère qu’il sera présent à mes funérailles
J’aimerais qu’il m’accueille, le vieux sage...
Slivania
Une belle rencontre avec lui à Trivandrum (Thiruvananthapuram)
La lumière
Irradiante de tous ses feux
Fait que même en fermant les yeux
Je te vois.
Tout prend alors
Une autre forme, une autre vie
Pour me griser
Pour m'étourdir.
Et sur mon corps
Quand je te serre à l'agonie
Tu fais entrer
Tu fais jaillir
La lumière, la lumière
La lumière
Dont la clarté métamorphose
Le monde, les gens et les choses.
Charles Aznavour
Autour du lac du Temple de Sree Padmanabhaswamy à Trivandrum durant une cérémonie des Lumières
Voyageur, voyageur accepte le retour
Il n’est plus place en toi pour de nouveaux visages,
Ton rêve modelé par trop de paysages,
Laisse-le reposer en son nouveau contour.
Fuis l’horizon bruyant qui toujours te réclame
Pour écouter enfin ta vivante rumeur
Que garde maintenant dans sa verdeur
Le palmier qui s’incline aux sources de ton âme.
Jules Supervielle
Phare de Kovalam et sa plage éponyme
Bordée de palmiers et parsemée de petits kiosques vendant toutes sortes de bibelots et de gourmandises, la plage du phare est l’un des lieux les plus fréquentés de Kovalam. Les visiteurs peuvent grimper jusqu'au sommet du phare haut de 35 m via un escalier en colimaçon et admirer le panorama. C’est l’un des meilleurs emplacements pour contempler les eaux bleu-émeraude de la Mer d’Arabie et la région du Sud de Kerala.
Shiva
C’est le dieu de la destruction. Il est représenté avec un troisième œil, symbole de sagesse, au milieu du front et avec un cobra autour du cou. Il porte un trident (trishula) et tient un petit instrument de percussion (damaru). Il est assis sur une peau de tigre, symbole de l’énergie potentielle. Shiva représente en effet la source créatrice en sommeil.
De sa chevelure, dans laquelle se trouve un croissant de lune, symbole du cycle du temps, s’écoule le Gange, fleuve sacré de l’hindouisme. Sa monture est le taureau Nandi qui fait lui-même l’objet d’un culte. Shiva est un personnage complexe et contradictoire. Il représente la destruction mais celle-ci à pour but la création d’un monde nouveau. L’emblème de Shiva est d’ailleurs le lingam (un phallus), symbole de la création. Il a les yeux mi-clos car il les ouvre lors de la création du monde et les ferme pour mettre fin à l’univers et amorcer un nouveau cycle.
Shiva est représenté sous différente forme (l’ascétique, le yogi, le mendiant…) et possède, d’après les textes, 1008 noms (Shambhu, Shankara, Pashupati…). L’une des plus célèbres est le Shiva Nataraja, danseur cosmique qui rythme la destruction et la création du monde. Il est alors représenté avec 4 bras. La main supérieure droite tient une clochette (damaru) qui rythme la création; la main gauche supérieure tient la flamme de la destruction (samhara); la main inférieure droite est tenue dans un geste de protection (abhaya mudra); la main inférieure gauche pointe vers le pied gauche tenu en l’air, il montre ainsi son pouvoir de grâce. Sous son pied droit il écrase un nain-démon symbole de l’ignorance. Son immense chevelure montre son pouvoir et il est entouré d’un cercle de feu (prabhamandala).
Shiva est marié à Shakti, la déesse-mère. Elle-même a plusieurs noms suivant la fonction qu’elle occupe (Parvati, Durga, Kali…). Il a deux fils, nés de Parvati : Ganesh et Skanda. La famille vit au sommet du Mont Kailasa dans l’Himalaya.
Le temple Aazhimala Shiva est un temple hindou situé sur la côte de la mer d'Oman, près de Vizhinjam et de Kovalam, dans le district de Thiruvananthapuram.
Dans le hameau pittoresque d'Azhimala à Vizhinjam, il existe un mélange surréaliste de divinité et de nature. Tandis que la magnifique plage et les environs verdoyants invitent les voyageurs, le très vénéré temple Azhimala Shiva ajoute une touche mystique au lieu. Le temple perché sur la falaise au bord de la mer est un temple ancien qui enveloppe toute la région d'une aura pieuse. Le temple est connu pour sa statue de 18 m de haut du Seigneur Shiva sous la forme de Gangadhareswara, entièrement réalisée en béton (la plus haute sculpture de Shiva du Kerala). La structure massive avec les cheveux de Shiva flottant au vent et tenant la déesse Ganga a son propre charme confère un attrait magnifique au temple. La sculpture a été créée par un artiste de 29 ans, P. S. Devadathan, originaire d'Azhimala.
Seul sur le sable les yeux dans l'eau
Mon rêve était trop beau.
L'été qui s'achève tu partiras
A cent mille lieues de moi.
Comment t'aimer si tu t'en vas
Dans ton pays loin là-bas
Dans ton pays loin là-bas
Dans ton pays loin de moi
Roch Voisine
Somatheeram Beach : Kovalam
Ils rentrent au village
Le sourire aux lèvres et les poches pleines
De poissons pêchés.
Le jour même
Dans un méandre du ruisseau
Ils ont abandonné
Au courant de l'eau
Leur nostalgie douloureuse...
Jacques Herman
Retour de pêche en mer : quotidien sur la côte à Kovalam
Reconnais-tu cet homme ? Il est pêcheur de lune.
Il navigue la nuit sur un bateau de bois.
Le vent gonfle sa voile au gré de la fortune
Et le pousse au pays des rêves aux abois.
Comme un vieux loup de mer, son visage se hâle
Aux embruns de cette eau qui baigne la Grande Ourse
Et l'on entend parfois une vague qui râle
De devoir, sur sa peau, finir sa longue course.
Une barbe blanchie par le sel de l'espace
Couvre les souvenirs de tout ce temps qu'il passe
A chercher la lumière au milieu de la nuit.
Mais s'il ferme les yeux, c'est pour mieux voir la route
Qui mène à cette lune où ses filets, sans doute,
Ramèneront l'éclat d'un soleil de minuit.
Joël Grenier
Portraits de pêcheurs sur la plage sous le temple Aazhimala Shiva : Kovalam
Maman, les p'tits poissons sont-ils sauvages ? Mais non, mon gros bêta, saumons, bars et carpes vivent aussi en élevage ! Et on multiplie les poissons rouges à volonté... Il n'y a plus guère d'espèces que l'on ne puisse ou que l'on ne cherche à élever. Pour les manger, repeupler les rivières ou pour leurs beaux œufs !
Bassins d'élevage de poissons à Munroe Island, Kerala (Inde du Sud)
Notre amour du poisson que nous partageons avec plus de 7 milliards d’habitants de la planète ne saura être satisfait par la pêche en mer. Nous épuisons les stocks et le risque de ne pouvoir nourrir tous les humains de protéines d’origine maritime a poussé à développer l’élevage des poissons en bassin ou en cages. L’aquaculture que les romains pratiquaient déjà pour contrebalancer leurs pêches intensives s’est étendue dans le monde entier. Est-ce la solution miracle ?
Nous mangeons 17 kg de poisson par an et par habitant. Nous pêchons 90 millions de tonnes et nous ne pouvons en pêcher davantage Nos captures stagnent en raison de l’épuisement de certaines espèces et des limitations des prises. La pisciculture apparait donc comme la panacée pour continuer à fournir du poisson et la solution miracle pour un avenir poissonneux. C’est un secteur en plein développement qui représente 42% (62 ,5 millions de tonnes) des poissons consommés dans le monde. C’est en Asie que la pisciculture est la plus développée, soit en milieu naturel c'est-à-dire en mer, soit en bassin à terre.
On distingue trois méthodes d’élevage :
- L’élevage extensif : faible densité d’animaux et peu ou pas d’apport alimentaire
- L’élevage semi-intensif : densité moyenne d’animaux et complément alimentaire
- L’élevage intensif : forte densité d’animaux et alimentation exclusivement sous forme d’intrants.
Sources : Segolène Ampelogos
Au fil de l'eau,
Au fil du temps,
Passe la vie
Passe l'amour.
Après l'ondée,
Amours enfantines
Te souviens-tu
Te souviens-tu.
Passions imaginaires
Esquisses en aquarelle,
Les mots brûlants
Si beaux si fluides,
Rêves adolescents
Te souviens-tu
Te souviens-tu.
Concours de poésie : Ville de Wambrechies (59)
Au fil de l'eau au petit matin... à Munroe Island
Comme le pêcheur
Depuis le bord
Lance un filet
Et le retire,
Je presse
Tes mailles
Entre mes doigts
Et supplie :
Ramène
Ô filet
Le vif de la vie...
Marielle Anselmo
Pêcheur au lever du soleil à Munroe Island
Un écureuil, sur la bruyère,
Se lave avec de la lumière.
Une feuille morte descend,
Doucement portée par le vent.
Et le vent balance la feuille
Juste au-dessus de l’écureuil ;
Le vent attend, pour la poser
Légèrement sur la bruyère,
Que l’écureuil soit remonté
Sur le chêne de la clairière
Où il aime à se balancer
Comme une feuille de lumière.
Maurice Carême
Écureuil, milan sacré (Haliastur indus), roussettes et de nombreuses autres espèces sont un plaisir à observer à Munroe Island et dans le Kerala.
Une vache paissait !
Que voulez-vous, ma foi ? Son sort était de paître...
Mâchonnant lentement dans son décor champêtre,
A l'aube qui naissait.
Un pique-bœuf agile
Picorait, appliqué, le dos du bovidé,
Défendant de son bec l'animal excédé,
Guettant tel un vigile.
Par sa vitesse, un train,
D'un bruit étourdissant, vint rompre le silence,
Provoquant alentour, remous et turbulence,
Un mal contemporain !
L'oiseau blanc, fier et libre,
Par le vent chahuté, cria de son perchoir :
"Pourquoi sont-ils pressés, moi j'ai bien failli choir
Et perdre l'équilibre !
Que diraient nos parents
Qui voyaient la fumée et la locomotive ?
L'allure, en ce temps-là, n'était pas aussi vive
Et les gens différents !"
"C'est vrai, reprit la vache,
Maintenant tout s'emballe et même le poulet
Ne vit que quelques jours... Je suis machine à lait
Et toujours je cravache !
L'herbe aussi doit pousser,
Mais aujourd'hui, l'ami, ce n'est pas un problème,
La nature, on la force et la tire à l'extrême,
Parfois à l'harasser !"
"Mais où donc s'en va l'homme
Et son monstre de fer ?", lança le bel oiseau,
"La voix du vent m'a dit que ce frêle roseau
C'est un mystère, en somme !"
Dominique Simonet
En Inde, les traditions sont omniprésentes, particulièrement sur les plages et dans les rues, où il n’est pas rare de croiser des vaches allongées au milieu de la circulation. Pour la majorité hindoue de la population, les vaches sont considérées comme des êtres sacrés. Selon la mythologie, les vaches sont les enfants d’une déesse qui prend aussi la forme de la Mère Divine, Dev.
Les lois indiennes reconnaissent et respectent cette croyance spirituelle puisqu’il est illégal d’abattre des vaches dans plus de 29 états du pays. Un seul état l’autorise, cependant, c’est le Kerala : manger du bœuf y est non seulement légal et accepté, mais c’est aussi une tradition culturelle importante.
Elle roule, roule, roule,
Sur les chemins et sur les routes,
Elle roule, roule, roule,
Sur les pistes et les autoroutes.
Qu'ils étaient inquiétants
Ces premiers conducteurs,
Equipés casques et gants,
Fonçant à toute vapeur.
Sur leurs drôles de machines,
On les traitait de fous.
On voyait à leur mine,
Qu'ils étaient casse-cou !
Citroën et Renault,
Panhard et Levassor,
Echangeaient bien des mots
Quand l'autre roulait trop fort.
Croisière jaune, croisière noire,
De rallye en rallye,
Jusqu'à Paris-Dakar,
L'étoile n'a pas pâli !
Sur les chemins de France,
De partout et d'ailleurs,
C'est une transhumance
De ces chevaux-vapeur.
Bloquant souvent les villes,
Chaque jour à toute heure,
C'est notre automobile
Qui roule à cent à l'heure !
Elle roule, roule, roule,
Sur les chemins et les routes,
Elle roule, roule, roule,
Sur les pistes et les autoroutes.
Dominique SIMONET
Surprise en arrivant sur Munroe Island...
D’où vient-il, ce poivre aux notes fraîches et puissantes ? Son histoire mouvementée nous emmène aux confins de l’Inde, dans les cales des navires arabes et vénitiens, jusque dans les méandres de la Reconquista espagnole. Son nom même incarne ses nombreux périples à travers l’histoire. Le sanskrit pipalli devient très vite peperi en grec puis piper, en latin. Le poivre est en effet originaire du sud-ouest de l’Inde. Plus exactement de la région du Kerala, sur la côte de Malabar. C’est pour cette raison que le Malabar noir est considéré comme le poivre originel. Dès l’Antiquité, les Européens font venir les épices de l’extrême-Orient. On retrouve la première trace écrite du poivre dans l’ouvrage du romain Apicius, De l’art culinaire. Il le nomme alors "roi des épices".
Des bords de l’Indus au port d’Alexandrie
Mais il semble que son importation en Occident soit bien plus ancienne. C’est Alexandre le Grand qui le découvre au IVème siècle avant notre ère, au bord de l’Indus, ce célèbre fleuve d’Asie qui donne son nom à l’Inde. Bien plus tard, la conquête d’Alexandrie par les Arabes, en 642, marque le début du commerce des épices. Le premier port d’Égypte en devient le centre. Les bateaux indiens, qui partent pour la plupart du port de Calicut, dans la région du Kerala, naviguent vers l’Égypte en empruntant diverses voies maritimes.
Une monnaie d’échange
Au Moyen âge, les Italiens, plus précisément, les Vénitiens, détiennent le monopole du commerce des épices en Europe. La Sérénissime commerce en effet très tôt avec les Arabes. La richesse d’une famille, à l’époque, se mesure à son stock d’épices. Celles-ci servent également de monnaie d’échange, d’où l’expression : payer en espèces , à l’origine "payer en épices". Ainsi, lorsque les croisés, au XIIème siècle, s’emparent de la ville de Césarée, en Palestine, ils sont récompensés avec un kilogramme de poivre ! Une fortune à l’époque.
Le monopole portugais
À la toute fin du Moyen ge, à la période de la Reconquista, le Portugal devient une puissance incontournable et s’empare peu à peu du commerce des épices. Le royaume s’appuie sur les découvertes et les routes ouvertes pas ses grands navigateurs comme Vasco de Gama, Afonso de Albuquerque et Fernand de Magellan (Fernando de Magalhaes). En 1498, Vasco de Gama devient le premier navigateur européen à atteindre l’Inde en contournant l’Afrique. C’est lui qui ouvre la voie maritime appelée encore aujourd’hui "route des épices". À son arrivée à Calicut, sur la plage de Kappad, dans la région du Kerala, en Inde, il aurait déclaré aux marchands arabes être venu chercher "des chrétiens et du poivre".
Vers une démocratisation du poivre
Au début des années 1500, le Portugal possède le monopole du commerce du poivre et des épices sur la moitié du monde. Alfonso de Albuquerque est gouverneur des Indes et crée les comptoirs d’épices en Inde. Mais ce monopole ne dure qu’une cinquantaine d’années, car les anciens réseaux de commerce arabes et vénitiens parviennent à contourner le blocus du commerce des épices instauré par les Portugais. Au XVIIème siècle, le royaume perd la quasi totalité du commerce du poivre au profit des Hollandais et des Anglais. Le développement du commerce des poivres et des épices démocratise leur consommation en Europe. Dès la Renaissance, leur prix diminue considérablement. Le poivre et les épices prennent définitivement leur place dans la gastronomie européenne. Aujourd’hui, le poivre est le troisième aliment le plus consommé au monde.
Karine Blanc
Merci à Shijo pour son accueil à "Munnar Village Homestay".
Oouh toi, ça va pas bien ce matin, t'es patraque, mauvaise mine, mal aux intestins,
T'as du forcer ce week-end, attention, tu pourrais avoir des problèmes...
Comme tous les matins tu prends ton petit-déjeuner, tu t'es promis cette fois-ci de rester léger:
Un thé nature, des céréales aux fruits, des fruits au sirop, du sirop d'érable
Du rab de café, un bon café crème, d'la crème de marron, des marrons glacés,
Des glaces et des crêpes, c'est plus fort que toi, t'as ça dans le sang... t'es un bon vivant
Un bon vivannnnt, tu pèses ton quintal, t'as toujours la dalle, t'as même pas trente ans
Un bon vivannnnt, tu reprends une bière, fromage et dessert, et un p'tit café, et un pousse-café,
T'es un bon vivant
Un bon vivannnnt, au diable les interdits, toi tu croques la vie...
Tiens à propos de croquer, c'est l'heure du goûter, avant l'apéro tu prendrais bien un thé et quelques gâteaux: des gâteaux aux noix, de la noix de muscade et un p'tit muscadet,
Un verre de bordeaux, d'eau-de-vie de riz, ricard et carbonara pourquoi pas, champagne et whisky, t'as ça dans le sang, c'est plus fort que toi, t'es un bon vivant...
🎵🎶 Auteurs : Alexandre Castagnetti, Clément Marchand
Muscadier et sa noix de muscade.
La noix de muscade est le fruit du muscadier, un arbre qui pousse dans les régions tropicales du monde. Il s’agit de l’albumen de la graine du fruit ovoïde du muscadier. La noix de muscade elle-même est petite, ronde et dure, avec une couleur brun-rougeâtre et une texture légèrement rugueuse. La noix de muscade est quant à elle recouverte d’une fine peau (le tégument) appelée macis.
On boit le thé pour oublier le bruit du monde.
Lu Yu
Le thé est la boisson la plus consommée au monde après l’eau. Cette boisson chaude qui traverse les âges et les générations est également l’une des boissons les plus inspirantes.
Collines de théiers à Munnar, qui s'étendent à perte de vue.
Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins...
Charles Baudelaire
Pettimudi Hill Top (1 099 m) est une montagne située dans les collines des Cardamones au dessus d'Adimaly.
Une belle rencontre en descendant du sommet... (2 dernières photos)
Cardamome et poivriers au pied du Pettimudi (1099 m) escaladé l'an dernier à Anaviratty à une vingtaine de km de Munnar.
La Cardamome fait partie des épices les plus chères au monde, après le Safran et la Vanille.
La cardamome est une herbe vivace à gros rhizomes superficiels, horizontaux et ramifiés, émettant chaque année des tiges végétatives feuillées hautes de 2 à 3 mètres, qui meurent après quelques mois. Des hampes florales apparaissent également, les fleurs donnant naissance à des capsules oblongues, pourvues de trois loges. Ces fruits constituent l’épice qui se caractérise par une saveur complexe et puissante : citronnée, camphrée, poivrée, chaude, astringente.
On l’utilise pour relever les plats salés ou sucrés. Son goût est très prononcé, il est bien évidemment nécessaire d’en saupoudrer sur les autres aliments avec parcimonie. On peut la moudre avec ou sans son enveloppe.
Elle se marie très bien avec de nombreux aliments salés : les viandes (et surtout les viandes blanches comme le poulet), les légumes comme les carottes ou lentilles, les autres épices comme la Coriandre, la Cannelle, le piment de Cayenne, le Clou de Girofle, etc.
Certains disent que son goût s’apparente à celui de la Bergamote, très doux et camphré. En Europe, on l’emploie surtout pour la pâtisserie. Compotes, pains d’épices, confitures, chocolat et mêmes fruits nature aromatisés à la Cardamome. Cette épice semble être capable de parfaire tous les plats
Sur une seule et même inflorescence, la maturation des différents fruits s’étale sur un mois, imposant une récolte manuelle capsule par capsule. La cardamome peut être utilisée entière ou en poudre.
La première tasse humecte mes lèvres et ma gorge.
La deuxième bannit ma solitude.
La troisième dissipe la lourdeur de mon esprit, rendu confus par tant de lecture.
La quatrième exhale une légère transpiration, dispersant par mes pores toutes afflictions de la vie.
La cinquième me purifie.
La sixième m’ouvre le royaume des immortels.
La septième, ah que ne puis-je en boire d’avantage !
Je ne perçois plus le souffle du vent qui enfle mes manches.
Transporté par cette douce brise, je gagne les cieux...
Les sept tasses de thé ou Le chant du thé de Lu Tung (790-835), poète de la Dynastie Tang.
Nous retrouvons à Munnar à plus de 1 500 m d'altitude, sa fraîcheur, ses plantations de théiers à perte de vue.
Après une petite randonnée au calme au milieu des plantations, une rencontre sympathique sur la route où Daniel,Sandy et leur fils Joël travaillant dans ces plantations nous ont gentiment invités à prendre le thé chez eux.
De toujours belles rencontres qui font du bien.
Petit paradis de verdure niché à flanc de montagne dans les Ghats Occidentaux, le district de Wayanad est surtout connu pour la fertilité de ses terres et la beauté de ses paysages de plantations de thé.
De magnifiques cédrats nous attendaient. Leurs propriétaires nous en ont gentiment offert un..
Wayanad, Varnam Homestay
Nous pouvons trouver des plantations d'hévéas jusqu’à environ neuf cents mètres d’altitude, puis elles laissent la place plus haut aux plantations de thé !
Le Kerala est un climat idéal pour sa culture.
Le Kerala produit actuellement plus de 90 % du caoutchouc naturel en Inde. La culture de l’hévéa a commencé en 1902, et s’est surtout développée à partir des années 1940. Les plantations d’hévéas couvrent 29 % de la surface de l’état. Si on dit que le poivre est l’or noir du Kerala, le caoutchouc en est l’or blanc (la couleur du latex).
Varghese sur la photo saigne l’écorce de l’arbre, tôt le matin de préférence, pour en récolter la sève, le latex.
Ce dernier va ensuite être mélangé à l’eau et à une dose d’acide formique, et ainsi se coaguler.
Ce mélange obtenu sera ensuite passé dans une presse afin d'obtenir une plaque (“sheet”) de caoutchouc. Les plaques de caoutchouc seront après séchées au soleil, plusieurs jours avant d’être fumées et noircies à la fumée de bois.
Ces feuilles de caoutchouc sècheront ensuite sur un fil comme du linge.
Lorsque les plaques de caoutchouc naturel sont sèches et fumées, elles sont vendues au prix du marché fixé à un niveau international.
Photos prises à Varnam Homestay, Kurukkanmoola, Mananthavady
Je chante la figue, dit-elle,
Dont les belles amours sont cachées.
Sa floraison est repliée,
Chambre close où se célèbrent des noces ;
Aucun parfum ne les conte en dehors.
Comme rien ne s’en évapore,
Tout le parfum devient succulence et saveur.
Fleur sans beauté ; fruit de délices ;
Fruit qui n’est que sa fleur mûrie.
André Gide
Arbre et fruits des figues de Gular : figuier de Barbarie à Varnam Homestay
Ficus racemosa ou Ficus glomerata est une espèce de plante de la famille des Moraceae. Elle est originaire d'Australie, d'Asie du Sud-Est et du sous-continent indien. Ses figues poussent directement sur tronc ou à proximité.
Un délice, je confirme...
Bonne Saint Valentin
Une pensée envers les personnes qui seront seules.
Figue en forme de cœur provenant du figuier présenté ci-dessus.
Perpétuer la mémoire des sens.
Je me souviens enfant,
J’ai appris à manger du pamplemousse.
Un pomélo rouge
Coupé en deux.
Un peu de sucre,
Une petite cuillère,
Évider chaque quartier,
Arracher la pulpe rose.
La flaveur du fruit frais,
Croquer le morceau à pleine dent.
Une chair douce sous la langue,
Le jus citronné dans la bouche,
Quel plaisir !
Julie
Pamplemoussier dans le Wayanad, Kerala (Inde du Sud)
Le fruit de Citrus maxima est un agrume, nommé "pamplemousse" par les botanistes.
Il est appelé shadek ou chadèque en Guadeloupe, en Martinique, en Haïti ainsi qu'en Guyane, tenant son nom du capitaine anglais Chadeck - Labeau qui l'a introduit aux Antilles au XVIIe siècle.
Le fruit, généralement sphérique, plus ou moins aplati, parfois piriforme (en forme de poire), mesure entre 10 et 30 cm de diamètre ; il peut peser de 500 grammes à 8 kilogrammes, ce qui en fait le plus volumineux des agrumes.
Couvert de ses fruits il est impressionnant.
Réputée et amère, en raison de la présence de naringine (hétéroside flavonique), la chair est peu juteuse et agréablement croquante.
Photos prises à Varnam Homestay
Apprendre à descendre vite.
La vie est faite de montagnes
De chutes inattendues, de cascades infinies,
De paysages verticaux sublimes, de couchers de soleils éternels.
Ne jamais s’arrêter.
Ne jamais s’arrêter même au creux de la vallée
Où le chemin se rétrécit sans cesse
Et les sommets s’écroulent, sans fondations.
S’essouffler, crier détresse.
Je me réveille les jambes lourdes,
Je fixe l’horizon
Je prends ma bouteille d’eau et la jette contre le rocher.
Je regarde pendant des heures chaque goutte descendre.
Je rentre par la forêt.
Le rêve peut recommencer
Sans qu’elle puisse me voir
Sans qu’elle puisse me parler
Edgar Georges...
Randonnée jusqu'au sommet du Brahmagiri (1608 m) avec plus de 700 m de dénivelé positif.
Une mise en jambe de 14 km agréable pour la journée avec l'obligation d'avoir un guide à cause de la possible présence de bêtes sauvages très présentes dans ce secteur.
Les collines autour du Brahmagiri, frontières entre le Kerala et le Karnataka, abritent un sanctuaire animalier qui couvre une superficie d'environ 181 kilomètres carrés. Le sanctuaire est un point fort du secteur, avec sa riche biodiversité et la possibilité d'apercevoir des animaux comme des éléphants, des léopards, des tigres et diverses espèces d'oiseaux.
Nous n'avons vu que oiseaux, singes et daims. Les éléphants s'étaient oubliés sur le chemin...
Plein les yeux et plein les pattes. Il faisait très chaud pour la descente.
Une plage déserte, un bruit doux de vagues
Et un soleil tiède, du sable chaud où naviguent
Des rayons de soleil , éternellement agréables,
Doucement sans faire de bruit entre les grains de sable...
J. Rieu
Thottada Beach à une dizaine de km au Sud de Kannur.
Et si le bonheur c'était ici...
Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.
Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.
Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes ;
O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !
Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remords,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
O lutteurs éternels, ô frères implacables !
Charles Baudelaire
Quai de pêche de la ville de Kannur, situé au niveau du village d'Ayikkara.
Scènes du quotidien...
Je veux dormir là toute une heure
Et goûter un calme sommeil,
Bercé par le ruisseau qui pleure
Et caressé par l’air vermeil.
Théodore de Banville
Sieste réparatrice à Kannur
Si j’ose comparer le déclin de ma vie
A ton coucher sublime, ô Soleil ! je t’envie.
Ta gloire peut sombrer, le retour en est sûr :
Elle renaît immense avec l’immense azur.
De ton sanglant linceul tout le ciel se colore,
Et le regard funèbre où luit ton dernier feu,
Ce regard sombre et doux, dont tu couves encore
Le lys que ta ferveur a fait naguère éclore,
Est triste infiniment, mais n’est pas un adieu.
René-François Sully Prudhomme
Coucher de soleil sur la plage de Kozhicode (Calicut)
Il va être temps de rentrer au bout de ce périple qui nous aura encore ouvert les yeux sur un monde différent, un monde surprenant, attachant sans oublier toutes les belles rencontres effectuées.
Nous quitterons le Kerala avec la tête remplie d'étoiles, la larme pas très loin des yeux, mais heureux d'avoir pu accomplir encore ce nouveau défi.
J'ai demandé à la lune
Et le soleil ne le sait pas
Je lui ai montré mes brûlures
Et la lune s'est moquée de moi
Et comme le ciel n'avait pas fière allure
Et que je ne guérissais pas
Je me suis dit "quelle infortune"
Et la lune s'est moquée de moi.
J'ai demandé à la lune
Si tu voulais encore de moi
Elle m'a dit "j'ai pas l'habitude
De m'occuper des cas comme ça"
Et toi et moi
On était tellement sûrs
Et on se disait quelquefois
Que c'était juste une aventure
Et que ça ne durerait pas, ah-ah-ah...
🎶🎵 Indochine 🎵🎶
Contraste énorme entre New Delhi (Inde) ville tentaculaire et le survol du Pakistan avec son paysage lunaire. Comment ne pas penser aux paroles et à la musique d'Indochine...
J'aime les fleurs et la fumée,
Je ne suis plus un révolté,
Les Beatniks c'est dépassé,
Maintenant le monde il faut l'aimer.
Je suis hippie, je suis hippie,
C'est ma nouvelle philosophie.
Hippie hippie hourrah !
Vive le moukhoutra !
Ceux qui me cassent la figure,
Ceux qui me marchent sur les pieds,
Ceux qui me cognent en voiture,
Ceux qui me cognent sur le nez,
Papa Maman toute la famille,
L'Eglise l'Armée et la patrie,
Je les aime, Je les aime, Je les aime.
Je suis hippie, je suis hippie,
C'est ma nouvelle philosophie.
Hippie hippie hourrah!
Vive le moukhoutra !
Je me suis tatoué, des fleurs,
Sur la poitrine et puis ailleurs,
J'ai loué une place sur un bateau,
Qui partait pour San Francisco.
Je suis hippie, je suis hippie,
C'est ma nouvelle philosophie.
Hippie hippie hourrah!
Vive le moukhoutra !
Si vous ne m'aimez pas,
Ça n'a aucune importance,
C'est moi qui vous aime
Et vive la France !
Jacques Dutronc
Merci à Christiane pour l'idée et les photos.
Cela m'a fait bien rire...
Gilles LUCIANI (Auteur Photographe)
Expositions
Expo Galerie Haut Brion à Pessac en 2016
Maison des Arts à Gujan-Mestras en Août 2017
Cabane Cap Noroit, Port de Larros à Gujan-Mestras octobre 2017 à mai 2018
Vinimarché St-Genès, à Bordeaux juin/juillet 2018
Maison des Arts à Gujan-Mestras août 2018
Caves Briaud à Bordeaux, septembre 2018
La Conserverie à Bordeaux, décembre 2018 et janvier 2019
Le GascoPub à Pessac, avril, mai et juin 2019
Maison des Arts à Gujan-Mestras du 20 au 26 août 2019
Comptoir d'Indochine à Bordeaux du 1er septembre au 15 octobre 2019
Cabane 248 Port de Larros à Gujan-Mestras les 17 et 18 octobre 2020
Le Café de l'Horloge à Talence du 6 mars 2020 à fin septembre 2021
Atelier Galerie "La Muse Art Règne" 10 Grand'Rue de l'Horloge à Cordes sur Ciel (Tarn) du 22 octobre au 6 novembre 2022
Expo-Vente de Créations : 26 et 27 novembre 2022 Salle de France, 39 rue A. France à Pessac (33)
Reflets : Le Café de l'Horloge à Talence du 6 avril 2023 au 7 juin 2023
Portes Ouvertes : Vignobles Martinho au Château Martinens à Margaux le 16 et 17 juin 2023 de 9 h à 17 h
Atelier Galerie "La Muse Art Règne" 10 Grand'Rue de l'Horloge à Cordes sur Ciel (Tarn) du 21 octobre au 5 novembre 2023
Portes Ouvertes : Vignobles Martinho au Château Martinens à Margaux le 15 juin 2024 de 9 h à 17 h
Atelier Galerie "La Muse Art Règne" 10 Grand'Rue de l'Horloge à Cordes sur Ciel (Tarn) du 7 au 21 juillet 2024
Atelier Galerie "La Muse Art Règne" 10 Grand'Rue de l'Horloge à Cordes sur Ciel (Tarn) du 18 oct au 2 nov 2025