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Photos et Vins (Plaisir et Passion)

Du plaisir à la passion à travers le prisme de photographies, de commentaires œnologiques et autres

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Fascination, sympathie, attirance, et même pourquoi pas amour. L'arbre reflète tout ce que la terre nous prodigue. Il est l'image de la synthèse des éléments vitaux, la terre, l'eau, l'air.
Certes les autres composants du monde végétal aussi, mais, voir un arbre monter droit vers le ciel, l'avoir vu ou imaginer se battre contre les esprits malins jusqu'à se tordre d'une douleur silencieuse...
Chaque arbre a sa propre histoire qu'il raconte dans le ballet incessant de ses feuilles ou le craquement de son écorce. L'a-t-on déjà écouté dans le chuintement à peine perceptible de la brume matinale ? L'a-t-on embrassé pour lui donner notre affection en échange d'un peu de son énergie tranquille ? 

(Merci Patricia Budo pour ces jolis mots)

Une compilation de mes publications sur nos amis les arbres.

Article qui s'enrichira au fur et à mesure des futures parutions.

Prenez le temps de laisser défiler les photos, sur grand écran de préférence.

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Du matin au soir j’étiquette des barres bien alignées.
Depuis combien, combien de temps que je n’ai pas conté ?
Depuis que tout est numérisé mes faits et gestes sont numérotés
Mes yeux cachés entre les barres, comme vous je suis codé.
Du matin au soir j’étiquette des chiffres bien calculés
Depuis combien, combien de temps je suis plaqué ?
Depuis que tout est sous matricule, tous mes passages sont scannés
Mes mains entre les barres, comme vous, je suis mon prisonnier.
Du matin au soir j’étiquette des articles soldés
Code barre, barré pour code bradé.
Les barres ont augmenté, derrière mes barreaux barrés
Il me reste les yeux pour pleurer, mes mains pour prier.
Félip


Forêt de Mandavit à Gradignan (Gironde)


Mon code barre à moi, c'est la Nature...

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Forêt ! c’est dans votre ombre et dans votre mystère,
C’est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m’endormirai.
Victor Hugo


Hêtres centenaires en attente des beaux jours qui arrivent doucement. Pic du Mondarrain, Itxassou (Pays Basque)

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu'il déracine
Celui de qui la tête au ciel était voisine,
Et dont les pieds touchaient à l'empire des morts.
Jean de La Fontaine


Hêtres décacinés au sommet du Mondarrain, Itxassou (Pays Basque)


En pénétrant les sous-bois juste avant les derniers mètres pour accéder au sommet, l’ambiance devient magique. C'est dans cet endroit mystique que se cachent les nombreuses créatures de la mythologie basque.  les Laminak et le Basajaun ne sont jamais très loin... 

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

La vie n'est pas une fête perpétuelle. Merci pour les roses, merci aussi pour les épines.
Jean d' Ormesson


​​Le févier d’Amérique dans le parc du Château de Beaulon à Saint Dizant du Gua (17)


S’il y a bien un arbre qui ne compte pas pour des clous, c’est le févier d’Amérique ! En plus d’offrir un bois très fin et recherché, ses épines étaient utilisées autrefois pour remplacer les clous. Cela vous donne une idée de leur force.

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Ô vieil arbre tremblant dans ton écorce grise ;
Sens-tu couler encore une sève qui grise ?
Les oiseaux chantent-ils sur tes rameaux gercés ?
Moi, je suis un vieil arbre oublié dans la plaine,
Et, pour tromper l’ennui dont ma pauvre âme est pleine,
J’aime à me souvenir des nids que j’ai bercés.
Pamphile Le May


Peintures "ECCE SILVA" de Cyrille Borgnet 

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Qu'il est doux, qu'il est doux d'écouter des histoires,
Des histoires du temps passé,
Quand les branches d'arbres sont noires,
Quand la neige est épaisse et charge un sol glacé !
Alfred de VIGNY


Paysages hivernaux entre le col d'Orgambide et le col d'Arnosteguy : Pays Basque

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Bonjour l'arbre, mon bel arbre
Je reviens, j'ai le coeur content
Sous tes branches qui se penchent
Je retrouve mes rêves d'enfant.
Y a un arbre, si je meurs
Je veux qu'on m'y couche doucement
Qu'il soit ma dernière demeure...
♫♪  Barbara   ♫♪


Arbres se détachant au dessus du col de Lizarrieta, Sare : Pays Basque


Du basque Lizarra : frêne et Lizarrieta : la frênaie.

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Dans la forêt chauve et rouillée
Il ne reste plus au rameau
Qu'une pauvre feuille oubliée,
Rien qu'une feuille et qu'un oiseau.
Il ne reste plus dans mon âme
Qu'un seul amour pour y chanter,
Mais le vent d'automne qui brame
Ne permet pas de l'écouter.
L'oiseau s'en va, la feuille tombe,
L'amour s'éteint, car c'est l'hiver.
Petit oiseau, viens sur ma tombe
Chanter, quand l'arbre sera vert !
Théophile Gautier


Photos prises dans la forêt d'Iraty, Pays Basque

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

A cette heure où chacun parle de fin prochaine,
Où la plupart, plaintifs, meurent d'un long ennui,
Le poète, attristé des âmes d'aujourd'hui,
Raconte la vertu patiente du chêne.
En ce moment qui semble au monde le dernier,
Où l'on dit que déjà la conscience est morte,
Il ne va pas chantant le désespoir : il porte,
Comme gage de vie, un rameau d'olivier.
Car il comprend qu'un verbe habite les écorces,
Il devine dans tout l'exemple ou le conseil ;
Il sait qu'un grand espoir nous luit dans le soleil
Et qu'un amour sans fin fait la chaîne des forces.
Jean Aicard


Ecorces de pins : Forêt du Lazaret, Anglet : Pays Basque

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Chêne Hippolyte
Ce chêne porte le nom du garde forestier Hippolyte Foinet (1876-1956) qui demeurait au carrefour de l’Épinette et qui l’a remis en valeur au début du 20ème siècle. Il est le doyen des chênes de la forêt des Andaines : âgé de plus de 300 ans, sa circonférence atteint 5,26 m à 1,30 m du sol (à 2,5 km de Bagnoles de l'Orne, Normandie).


Affrontant les étés et les rudes hivers,
Avec ténacité et la frondaison digne
Qu’il soit couvert de neige ou de feuillages verts,
Il est respecté par son caractère insigne.


Ses amis sont les champs depuis cent et mille ans
Et la terre tournée avec bœufs et charrue
Des forçats-paysans aux pas collants mi-lents
Qui sont une figure aujourd’hui disparue.


Se voient s’enfler autour de l’écorce des nœuds
Et s’allonger ses bras que la sève alimente
Soutenant le nid du geai qui prend soin des oeufs
Pour qu’un jour son petit éclos le complimente.


Les villageois d’antan, ivres de leur jeunesse
Allaient sous son ombrage et s’asseyaient dessus
Ses inertes serpents faisant mal à la fesse
Dont la queue s’enterrait dans des endroits cossus.


Il sentait bon la mousse et après une averse
D’autres odeurs passaient qu’ils jouaient à nommer :
Foin fraîchement coupé venu grâce à la herse,
Chaud lisier fermenté propre à les assommer.


Et comme était douce la sieste familière
Après la soupe aux pois et la saucisse au lard
En leur offrant une présence hospitalière
Qu’adoraient ces trapus, soiffards et rigolards...


Tôt, le matin, chacun, l’observe et le détaille :
Il est calme ou nerveux, serré ou évasé ;
Il nous prédit le vent, une pluie en bataille
Ou un soleil de plomb sur le mont embrasé.


Quand nous serons passés, toi tu nous survivras ;
Chêne, nous diras-tu où ira notre route ?
Tu vis des dos courbés, des fardeaux sur les bras :
Aurons-nous encore un peu de mie sous la croûte ?


Mais, tu n’en as cure et tu poursuis ta croissance
En poussant tes bourgeons poisseux et qui seront
Couronnés de feuillage et qui dans le vent dansent
En faisant grincer tes branches liées au tronc.


Et ton énorme pied commande à tous tes doigts
D’aller chercher à la fois boisson, nourriture
Qui reviennent donner de la force à tes bois
Prêts à se défendre contre la pourriture.


Chêne majestueux, tu servis les auspices
De Saint Louis qui te choisit pour présider
La solennité de l’action de justice
En s’appuyant sur toi comme pour le guider.


Tu es associé aux quatre-vingts années
De vraie fidélité par les époux humains
Et tes feuilles sur le képi sont alignées
Comme le laurier sur les empereurs romains.


Arbre, je te touche de mes mains tout entières ;
Je ne peux t’enlacer : laisse-moi t’embrasser,
Tu es de toutes les espèces forestières
La seule cuirassée qu’on ne peut terrasser.


Et si tu me donnais un petit peu de toi
Pour construire en bas de mon village ma ferme ?
Tu pourrais allonger quelques doigts sous mon toit
Et un autre à l’entrée pour que la porte ferme.


Ah, comme je voudrais te laisser mon empreinte
En mourant avec toi dans un espace creux
Quand tu seras très vieux et que tu auras crainte
D’entendre croasser le commun corbeau freux.


Dis, quand je te quittais, chaque soir, attendri
Par tes enchantements, je pleurais en silence ;
Une fois, je maudis douze ailes de perdrix
Volant par-dessus toi : mon dieu, quelle insolence !
Jean Michel Bollet 

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

La lumière jaillira
Claire et blanche un matin
Brusquement devant moi
Quelque part en chemin
La lumière jaillira
Et la reconnaîtrai
Pour l'avoir tant de fois
Chaque jour espérée
La lumière jaillira
Et de la voir si belle
Je connaîtrai pourquoi
J'avais tant besoin d'elle
La lumière jaillira
Parsemant mes silences
De sourires de joie
Qui meurent et recommencent
La lumière jaillira
Qu'éternel voyageur
Mon cœur en vain chercha
Mais qui était en mon cœur
La lumière jaillira
Reculant l'horizon
La lumière jaillira
Et portera ton nom
♫♪  Jacques Brel  ♪♫


La lumière a jailli ici. Parking sous les pins menant à la plage de la Torchère : Cap Ferret

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

La complainte de Paris
De Paris qui se plaint sans bruit
Devient grise et tendr' vers Pigalle
Et bleue autour de Notre Dame
La complainte de Paris
S'éveillant avec l'aub' dit bonjour
Aux gentils enfants qui
Part'nt à l'école en dormant
Bonjour, bonjour, à la Tour Eiffel
Au Palais Royal, aux bords de la Seine
Aux monuments où sont cachés
Les nids des pigeons, des moineaux si gentils
La complainte de Paris
Sur Paris chante sa plainte
Joue ses rengaines
Tendrement se promène
Sur l'orgue d'un mendiant blème
♫♪  Marcel Mouloudji  ♫♪


Tour Eiffel surgissant au milieu de la forêt : Paris

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

J’ai retrouvé mes petits genévriers,
tordus, piquants roussis, cramponnés aux rochers
comme des acrobates.
Ah! le bleu d’outremer de leurs petites baies
le long des couchants écarlates !
Ils se hérissent, ronds ou si déchiquetés
que tout le ciel traverse
leurs petits corps fantasques.
Le gazon ras joue au tapis de Perse
mais le vent s’y jette en bourrasque.
Ici, les lièvres et les chèvres
Échappent aux hommes d’en bas
Ici bleuissent les genièvres
pour l’oiseau que l’on ne voit pas.
Petit grain bleu, sauvage, amer,
semé parmi les toisons rousses
d’arbres nains que l’hiver rebrousse
comme les oursins dans la mer.
Sabine Sicaud


Genévrier oxycèdre tricentenaire sur les hauteurs de Durban (Aude)


Difficile de donner un âge à ce vieux genévrier, perdu dans la garrigue du pays des Corbières. Quand il vit le jour, il y a plusieurs siècles, le paysage devait être bien différent autour de lui. La "patte" de l'homme marquait beaucoup plus les paysages ruraux, dans lesquels chaque parcelle était cultivée. Il y a désormais moins de monde dans les campagnes, et le vieux cade pourrait le raconter. Il cache son tronc tourmenté au milieu des garrigues, prospérant sur un sol maigre et calcaire. Selon les anciens du village, il doit sa forme toute tordue à la neige qui, par son poids, fit rompre la partie supérieure du tronc. Après cette pesante épreuve, l'ancêtre reprit sa croissance de plus belle, en changeant de direction, anticipant peut-être d'autres catastrophes. En 2016, il fut désigné "arbre de l'année" pour le département de l'Aude à l'issue d'un concours local.
Le cade (Juniperus oxycedrus) ou genévrier cade est présent dans les zones méditerranéennes, il est caractéristique de la garrigue provençale et du maquis. Il se plait dans les terres rocailleuses et arides, calcaires et acides. Rustique, l'arbrisseau peut atteindre des hauteurs de 14 mètres mais, généralement, il se contente de dimensions plus modestes.
Ses fruits sont des baies appréciées pour la fabrication des alcools. Le bois de cade est réputé pour sa dureté et pour être quasiment imputrescible. Il est aussi travaillé en tournerie (tournage sur bois) qui révèle ses veines. Il est utilisé pour la fabrication des becs de flûte. Le cade exhale un parfum typique et était autrefois utilisé pour ses propriétés cicatrisantes, antiseptiques et désinfectantes. L'huile essentielle de cade est utilisée en aromathérapie.
Sources : Georges Feterman, Futura

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Dans la tiède forêt que baigne un jour vermeil,
Le grand chêne noueux, le père de la race,
Penche sur le coteau sa rugueuse cuirasse
Et, solitaire aïeul, se réchauffe au soleil.
Du fumier de ses fils étouffés sous son ombre,
Robuste, il a nourri ses siècles florissants,
Fait bouillonner la sève en ses membres puissants,
Et respiré le ciel avec sa tête sombre.
Anatole France


Le Chêne de Mambré
Maison Saint Louis Beaulieu à Bordeaux (Gironde)


L'artiste bordelais Christophe Conan a réalisé le chêne de Mambré, oeuvre d'art contemporain entre la maison et le parc.
Cet arbre en métal mesure 618 cm de hauteur, et pèse 2,5 tonnes.
Il rend aussi hommage à tous les donateurs ayant contribué à la rénovation du site, leurs noms étant inscrits sur ses feuilles d'acier.

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Dussent les années
de dix mille âges passer,
fleurs de prunier
sans jamais avoir de cesse,
toujours fleuriront encore.
Saheki no Kobito, lieutenant gouverneur de Chikuzen


Poème tiré du cinquième livre du Man.Yôshû, anthologie d'environ quatre mille cinq cents poèmes japonais, faite vers le milieu du VIIIème siècle, et qui fait partie d'une série de trente-deux poèmes sur les fleurs de prunier, composés par divers fonctionnaires pendant un banquet privé, le treizième de la première lune, l'an deux de Tenpyo, c'est-à-dire en février 729.


Champs de pruniers en fleurs à Gensac : Gironde

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Lorsqu’un arbre pleure toute sa sève
qu’il se frappe l’aubier pour exprimer sa douleur
qu’il se traîne à genoux autour de son écorce
il faut lui parler le langage d’avril
lui dire l’automne n’est qu’une invention.
Vénus Khoury-Ghata


Créations réalisées (sur des arbres morts) par l'artiste Ronan Charles dans le Parc de Bourran à Mérignac : Gironde


L'arbre hurle sa blessure
Silence, le lutin murmure
Saura-t-il l'entendre
Pourra-t-il attendre ?

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

L'air était pur ; un dernier jour d'automne,
En nous quittant, arrachait la couronne
Au front des bois ;
Et je voyais d'une marche suivie
Fuir le soleil, la saison et ma vie,
Tout à la fois.
Près d'un vieux tronc, appuyée en silence,
Je repoussais l'importune présence
Des jours mauvais ;
Sur l'onde froide, ou l'herbe encore fleurie,
Tombait sans bruit quelque feuille flétrie,
Et je rêvais !...
Amable Tastu


Le tulipier de Virginie (Liriodendron tulipifera), majestueux arbre d'ornement, déploie ses branches formant un houppier pyramidal. Au printemps, se développent les feuilles à la forme si particulière : le limbe, tronqué et échancré en son sommet, se découpe en plusieurs lobes pointus. Vertes et luisantes au printemps, l'automne les colore d'or et de roux. Un véritable bonheur à observer.
Photos prises sur les hauteurs de St Pée-sur-Nivelle (64)

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Avec le ciel doré, le vent, la voix des chênes,
L'ombre qui redescend les collines et l'homme
Qui redescend l'amour, j'écrirais des poèmes
Pareils par la douleur aux soirs d'extrême automne.
Ceux qui portent le poids d'un cœur mélancolique
Y viendraient dans la fin solennelle des choses,
Les uns, prier, rêver, d'autres, pleurer, et d'autres,
Remplir leurs yeux pensifs du couchant de la vie.
Enfin le soleil meurt dans la cendre nocturne,
Le jour las s'abandonne entre les bras du soir,
La vieille année expire, et nous allons pouvoir
Nous mêler au sommeil de l'immense nature.
Et je veux, en dépit de la mort souveraine,
Affirmer qu'il est beau de vivre et d'être fort,
Et marcher parmi ceux que l'espérance entraîne
Au-delà des chemins jonchés de feuilles d'or.
Charles Guérin


Paysage automnal sur les hauteurs de Lizuniaga : Sare

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Or, ce qui fait surtout le charme de ces bois
C'est leur bruissement doux et long, c'est leur voix
Quand un souffle léger passe dans les ramures ;
Oh ! les grandes rumeurs ! oh ! les tendres murmures !
Non, nul arbre ne fait entendre un chant pareil ;
Oh ! luths éoliens pleins d'âme et de soleil,
Mes pins harmonieux, qu'il est doux à l'aurore
De marcher à pas lents sous votre ombre sonore !
Jean Aicard


Au petit matin sur la plage du Veillon à Talmont St Hilaire (Vendée)

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Laissez-moi vivre encore un peu
Laissez-moi vivre un siècle ou deux
La route peut bien faire le tour
Du petit bois de Saint-Amour
J'ai encore beaucoup d'ombre à faire
Pour les amoureux du dimanche
Pour que la mousse soit légère
Quand ils se tiennent par les hanches
Mais entend-il seulement ma voix
Ce petit ingénieur pédant
Qui me condamne d'une croix
Pour une affaire d'alignement ?
Laissez-moi vivre encore un peu
Laissez-moi vivre un siècle ou deux
La route peut bien faire le tour
Du petit bois de Saint-Amour
Et moi qui suis comme un roi vert
Régnant sur l'ombre généreuse
Je vais tomber le front à terre
Vaincu par une tronçonneuse
Laissez-moi vivre encore un peu
Laissez-moi vivre un siècle ou deux
La route peut faire un détour
Laissez-moi vivre encore un peu
Laissez-moi vivre un siècle ou deux
La route peut bien faire le tour
Du petit bois de Saint-Amour
♫♪  Pierre Bachelet  ♫♪


Photos prises à Gauriac (Gironde)

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Le long des frais buissons où rit le vent sonore,
Par le sentier qui fuit vers le lointain charmant
Où la molle vapeur bleuit et s'évapore,
Tous deux, sous la lumière humide de l'aurore,
S'en vont entrelacés et passent lentement
Par le sentier qui fuit vers le lointain charmant,
Le long des frais buissons où rit le vent sonore.
Charles Marie René Leconte de Lisle


Sentier à l'ombre des arbres le long de la Leyre au Teich (Gironde)


L'Eyre ou la Leyre est un fleuve côtier des Landes de Gascogne de 116 km, prenant sa source dans le département des Landes et se jetant dans le bassin d'Arcachon, en Gironde.
Vous pourrez observer des reflets couleur rouille dans l'eau dus à la présence d'alios.
L’alios est un grès typique des Landes de Gascogne, qui s’est formé par concrétion dans les dépôts sédimentaires, ou les sables amenés par le vent. C'est une roche résultant de la cimentation des grains de sable et graviers par des hydroxydes de fer, d’aluminium et de manganèse, ainsi que de la matière organique. 

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

J'ai plaqué mon chêne comme un saligaud
Mon copain le chêne, mon alter ego
On était du même bois, un peu rustique, un peu brut
Dont on fait n'importe quoi sauf naturellement les flûtes
J'ai maintenant des frênes, des arbres de Judée
Tous de bonne graine, de haute futaie
Mais toi, tu manques à l'appel, ma vieille branche de campagne
Mon seul arbre de Noël, mon mât de cocagne
Auprès de mon arbre je vivais heureux
J'aurais jamais dû m'éloigner de mon arbre
Auprès de mon arbre je vivais heureux
J'aurais jamais dû le quitter des yeux
♫♪ Georges Brassens ♫♪


Photos prises sur la boucle du Tertre de Fronsac (Gironde)

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

C'est un géant endormi, en toute impunité, nu comme un enfant, recroquevillé sur lui-même blotti au pied d'un arbre sur la "Motte Coquet", butte joliment boisée d'arbres séculaires.
Les rayons du soleil qui jouent à travers les feuillages éclairent l'herbe verte et tendre ou laissent la terre profonde et sombre recouverte de mousse et de feuilles.
Il y fait frais, c'est le parfait décor de nos contes d'enfance.
Derrière chaque arbre, on s'attend à trouver une fée, un ogre ou bien Gargantua. C'est ici que le Géant s'est endormi...


Cyrille André, sculpteur grenoblois


Le Géant endormi, sculpture monumentale de bois réalisée par Cyrille André, en 2001 à Verneuil en Bourbonnais (Allier)

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Tel le corail déploie ses branches dessous la mer
Fleurissent les tamaris dessous le ciel d’azur.
Lorsque s’ouvrent les fleurs que le soleil arrose
Les tamaris poudrent de rose le bord de mer.
A la sortie du gel pour être dans le vent
Le tamaris se couvre d’une coiffure afro.
Alain HANNECART


Photos prises au Cap Ferret.

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Mon arbrisseau léger, dont le front chevelu
Frisé par la brise de mer aux tièdes ailes,
Prenait là-bas, dans le soleil, un vert si doux,
Un vert qui se teintait de rose à tous les bouts
Dès que le temps des fleurs ouvrait sa boîte à poudre
Et son étui de rouge parfumé
Faudrait-il se résoudre
À ne plus voir ton fin visage ranimé ?
Ah ! qu’ils m’importent peu, les autres, les tenaces,
Les toujours verts, si tu dois rester nu !
Comprendront-ils jamais ce qu’il y a de grâce,
De charme délicat dans tes bourgeons menus
Lorsque tu ressuscites,
Mon tamaris, pour qui l’hiver est bien l’hiver…
D’avoir tremblé pour toi, comme on se penche vite
Sur ce premier duvet imperceptible hier,
Et comme on t’aime pour ce vert, ce tendre vert
Si miraculeusement neuf, d’après l’hiver…
Sabine Sicaud


Vieux tamaris, les cheveux au vent le long du sentier littoral de La Hume à Gujan-Mestras, Bassin d'Arcachon (Gironde)


Le tamaris est un arbre ou un arbuste à feuillage caduc et à racines profondes, originaire du bassin méditerranéen et présent jusqu'au Nord de la Chine, souvent dans les zones désertiques. Les fleurs, blanches ou roses, disposées en grappes terminales, sont composées de quatre à cinq sépales, pétales et étamines, et un pistil unique. Plusieurs espèces sont appréciées comme haies coupe-vent sur le littoral ; d'autres sont plantées à titre ornemental. Certaines espèces possèdent des propriétés médicinales, et d'autres encore sont cultivées pour les agents colorants qu'elles contiennent.

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Arbres du parc : les pieds dans l'eau...
Musée Georges de Sonneville à Gradignan (Gironde)
Situé au prieuré de Cayac, le musée abrite la collection Georges de Sonneville, le grand peintre des "années folles", créateur du Salon des Indépendants, mémorialiste du port de Bordeaux et du vignoble des Graves. Le musée offre également une programmation d'expositions temporaires.

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Homme, libre penseur ! Te crois-tu seul pensant
Dans ce monde où la vie éclate en toute chose ?
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l'univers est absent.
Respecte dans la bête un esprit agissant :
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;
Un mystère d'amour dans le métal repose ;
"Tout est sensible !" Et tout sur ton être est puissant.
Crains, dans le mur aveugle, un regard qui t'épie :
À la matière même un verbe est attaché...
Ne le fais pas servir à quelque usage impie !
Souvent dans l'être obscur habite un Dieu caché ;
Et comme un œil naissant couvert par ses paupières,
Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres !
Gérard de Nerval


Photos prises dans le bois de Mandavit, Gradignan : Gironde

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des autres sourds,
Ravins où l’on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives !
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime !
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt ! c’est dans votre ombre et dans votre mystère,
C’est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m’endormirai.
Victor Hugo


L’œil n'était pas dans la tombe et ne regardait pas Caïn, il était juste là et nous renvoyait notre image... 
Photos prises dans le bois autour du Prieuré de Cayac à Gradignan (Gironde)

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Le feu dans le cœur d'une souche
A la fin lui forme une bouche,
Et lui ouvre comme des yeux,
Par où l'on voit et peut entendre
Le brasier épris en son creux :
Mais lors qu'on voit à clair ses feux,
C'est lors qu'elle est demi en cendre.
Théodore Agrippa d'Aubigné


Souche dans l'eau dans le Bois de Thouars à Talence (Gironde)

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Enfin le soleil meurt dans la cendre nocturne,
Le jour las s'abandonne entre les bras du soir,
La vieille année expire, et nous allons pouvoir
Nous mêler au sommeil de l'immense nature.
Et je veux, en dépit de la mort souveraine,
Affirmer qu'il est beau de vivre et d'être fort,
Et marcher parmi ceux que l'espérance entraîne
Au-delà des chemins jonchés de feuilles d'or.
Charles Guérin


Photos prises de quelques feuilles qui s'accrochent encore...
Acrylique automnal sur carton  (Mjo)
Bois de Thouars, Talence (Gironde)

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Oh, je voudrais tant que tu te souviennes,
Des jours heureux quand nous étions amis,
Dans ce temps là, la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Tu vois je n'ai pas oublié.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi.
Jacques Prévert


Reflets dans le Bois de Thouars, Talence

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Mon compagnon de jeux me disait quelquefois :
"Viens aux abeilles, viens ! " Et dans le petit bois
Nous allions, curieux et troublés, en silence.
Je vois encore le bois de pins qui se balance ;
J'entends ses longs rameaux bercés dans l'air du ciel ;
Puis le susurrement de notre ruche à miel
Se distingue au milieu du frisson des ramures.
Nous n'approchons pas trop, redoutant les piqûres,
Mais nous examinons longtemps de nos grands yeux
L'essor du peuple ailé, toujours laborieux,
Les départs, les retours sans fin, tout le manège.
La dépouille d'un tronc rugueux de chêne-liège,
En deux parts arrachée et reformée en tronc,
C'est là la ruche. Mais tout à coup, d'un pied prompt,
J'ai bondi, me sentant piqué par des abeilles,
Et nous fuyons tous deux, tandis qu'à nos oreilles
Le petit bois, qui vibre au gré de l'air du ciel,
Fait le bruit effrayant de cent ruches à miel.
Jean Aicard


Photos prises sur le chemin à travers la suberaie (forêt composée de chênes-lièges) pour accéder à la Tour de Massane en partant de Lavail (66). 


La culture du chêne liège est un travail sur le long terme. En effet, un arbre ne commence a être exploitable pour son liège que lorsqu’il atteint 70 cm de circonférence de tronc, au bout de 30 à 50 ans, et il faut attendre 10 ans avant de prélever à nouveau l’écorce sur un même arbre. Le découpage de l’écorce d’origine, ou "liège mâle", est appelé démasclage. Ce liège est de moindre qualité. Après démasclage, l’écorce prend une couleur brun rouge (cf photos). On attend alors jusqu’à 10 ans la formation d’un liège secondaire, appelé "liège femelle", qui est plus régulier, plus homogène, moins crevassé. On le prélève lorsqu’il atteint au moins 3 cm d’épaisseur (bouchons obligent). Un arbre peut supporter 12 à 15 prélèvements de son écorce pendant sa durée de vie.

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Un jour, causant entre eux, différents animaux
Louaient beaucoup le ver à soie.
Quel talent, disaient-ils, cet insecte déploie
En composant ces fils si doux, si fins, si beaux,
Qui de l'homme font la richesse !
Tous vantaient son travail, exaltaient son adresse.
Une chenille seule y trouvait des défauts,
Aux animaux surpris en faisait la critique,
Disait des mais, et puis des si.
Un renard s'écria : messieurs, cela s'explique ;
C'est que madame file aussi.
Jean-Pierre Claris de Florian


Coléoptère, un carabe je pense, faisant un festin sur le passage des chenilles processionnaires.
La processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) est un insecte de l’ordre des lépidoptères. Ses chenilles passent l’hiver dans des nids tissés sur des branches de pin (toutes espèces de pin confondues) exposées au soleil dont elles sortent la nuit pour se nourrir d’aiguilles. Le mode de procession en file indienne des chenilles est à l’origine de leur nom. Connue depuis longtemps dans le Sud de la France, ce papillon tend à remonter progressivement vers le Nord.
Les chenilles processionnaires sont principalement redoutées en raison de leur caractère urticant. En effets, lorsqu’elles se sentent agressées et lors de leur mort, les chenilles projettent des poils microscopiques très irritants pouvant provoquer démangeaisons, œdèmes, irritations oculaires, problèmes respiratoires et allergies.
Le contact avec les chenilles s’avère également très dangereux voire mortel pour les animaux domestiques.

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

J'errais. Que de charmantes choses !
Il avait plu ; j'étais crotté ;
Mais puisque j'ai vu tant de roses,
Je dois dire la vérité.
J'arrivai tout près d'une église,
De la verte église au bon Dieu,
Où qui voyage sans valise
Écoute chanter l'oiseau bleu.
C'était l'église en fleurs, bâtie
Sans pierre, au fond du bois mouvant,
Par l'aubépine et par l'ortie
Avec des feuilles et du vent.
Le porche était fait de deux branches,
D'une broussaille et d'un buisson ;
La voussure, toute en pervenches,
Était signée : Avril, maçon.
Dans cette vive architecture,
Ravissante aux yeux attendris,
On sentait l'art de la nature ;
On comprenait que la perdrix,
Que l'alouette et que la grive
Avaient donné de bons avis
Sur la courbure de l'ogive,
Et que Dieu les avait suivis.
Une haute rose trémière
Dressait sur le toit de chardons
Ses cloches pleines de lumière
Où carillonnaient les bourdons.
Cette flèche gardait l'entrée ;
Derrière on voyait s'ébaucher
Une digitale pourprée,
Le clocheton près du clocher.
...
Toute la nef, d'aube baignée,
Palpitait d'extase et d'émoi.
Ami, me dit une araignée,
La grande rosace est de moi.
Victor Hugo


Enfant, je m'arrêtais déjà pour contempler ce pin s'accrochant au clocher. Il y est toujours présent un demi siècle plus tard. Un pin perdu que j'ai retrouvé avec plaisir.
Église Saint-Jean-Baptiste à Pompogne (Lot-et-Garonne)

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Je veux rendre à César ces petits riens du tout
La clé de ces hasards à qui nous devons tout
Ces millions de grains de sable qui ont guidé nos deux vies
Pour qu'on soit à la table où nous sommes aujourd'hui.
Nos chemins s'en vont, nos chemins se croisent
Nos chemins reviennent, nos chemins reprennent la même chanson
Nos chemins s'en vont en ombres chinoises
Nos chemins reviennent, nos chemins reprennent la même chanson.
♫♪ Pierre Bachelet ♫♪


Photos prises dans le Cantal entre le col de la Molède et le cirque de Chamalière.

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Ils sont passés !  Leur cohorte
S'envole, et fuit, et leurs pieds
Cessent de battre ma porte
De leurs coups multipliés.
L'air est plein d'un bruit de chaînes,
Et dans les forêts prochaines
Frissonnent tous les grands chênes,
Sous leur vol de feu pliés !
Les Djinns : Victor Hugo


Photos rares d'un Djinn surpris en plein jour près du cirque de Chamalière

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
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Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Mille étés et mille hivers
Passeront sur l'univers,
Sans que du poète-dieu
Li-taï-pé meurent les vers,
Dans l'Empire du milieu.
À présent, il est auprès
De Fo-hi, dans les prés frais,
Où les sages s'en vont tous,
À l'ombre des grands cyprès,
Boire et rire avec les fous.
Charles Cros


Bois zoo/anthropomorphes aux environs du Plomb du Cantal (Auvergne)

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
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Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Les arbres que j’ai vu jaillir le plus droit ne sont pas ceux qui poussent libres. Car ceux-là ne se pressent pas de grandir, flânent dans leur ascension et montent tout tordus.
Tandis que celui-là de la forêt vierge, pressé d’ennemis qui lui volent sa part de soleil, escalade le ciel d’un jet vertical, avec l’urgence d’un appel.
Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle


Faux de Verzy, hêtres tortillards de la forêt de Reims (Marne), environ 2000 arbres dans le monde dont la moitié dans cette forêt.

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
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Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Dans la forêt mouillée et verte,
Comme deux rudes compagnons,
Nous allions à la découverte
Cueillir au loin des champignons.
Nous n'y connaissions pas grand chose ;
Comme des enfants, tous les deux,
Nous goûtions leur chair blanche et rose ;
C'était peut-être hasardeux.
Mais nous ne nous empoisonnâmes
Pas même un peu, pas même un jour.
Nos estomacs valaient nos âmes,
Et nous avions beaucoup d'amour.
Albert Mérat


Bonne cueillette à toutes et à tous, les miens n'étaient pas très tendres...
Photos prises dans la forêt de Verzy (Marne)

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
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Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Comme un arbre dans la ville
Je suis né dans le béton
Coincé entre deux maisons
Comme un arbre dans la ville
Sans abri, sans domicile

Comme un arbre dans la ville
J'ai grandi loin des futaies
Où mes frères des forêts
Ont fondé une famille

Comme un arbre dans la ville
Entre béton et bitume
Pour pousser, je me débats
Mais mes branches volent bas
Si près des autos qui fument
Entre béton et bitume

Comme un arbre dans la ville
J'ai la fumée des usines
Pour prison mes racines
On les recouvre de grilles
Comme un arbre dans la ville

Maxime le Forestier

Photos prises dans Talence (Gironde)

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
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Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Eh bien ! Mêle ta vie à la verte forêt !
Escalade la roche aux nobles altitudes.
Respire, et libre enfin des vieilles servitudes,
Fuis les regrets amers que ton coeur savourait.

Dès l'heure éblouissante où le matin paraît,
Marche au hasard; gravis les sentiers les plus rudes.
Va devant toi, baisé par l'air des solitudes,
Comme une biche en pleurs qu'on effaroucherait.

Cueille la fleur agreste au bord du précipice,
Regarde l'antre affreux que le lierre tapisse
Et le vol des oiseaux dans les chênes toufus.

Marche et prête l'oreille en tes sauvages courses
Car tout le bois frémit, plein de rythmes confus,
Et la Muse aux beaux yeux chante dans l'eau des sources.

Théodore De Banville

Parc National de Plivitce en Croatie

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

L'astre-roi se couchait. Calme, à l'abri du vent,
La mer réfléchissait ce globe d'or vivant,
Ce monde, âme et flambeau du nôtre ;
Et dans le ciel rougeâtre et dans les flots vermeils,
Comme deux rois amis, on voyait deux soleils
Venir au-devant l'un de l'autre.
Victor Hugo


Photos de palmiers prises sur les hauteurs de Kep (Cambodge)

Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
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Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...
Arbres du Monde : Ce qu'ils nous disent...

Nos racines ne sont pas dans notre enfance,
dans le sol natal, dans un lopin de terre,
dans la prairie enclose
où jouent les enfants de la maternelle.
Nos racines sont en chaque lieu
que nous avons un jour traversé.
Ainsi, comme le gratteron, croissons-nous
en nous agrippant ici et là.
Et ces chemins qui serpentent sans fin,
et ces forêts bleuissant dans le lointain
sans parler des montagnes de nos rêves,
les lieux étrangers et les noms étrangers,
deviennent nôtres et de nouveau étrangers.
Ils ne nous quittent pas pour de bon.
Soudain la canne du marcheur reverdit,
et prend racine, et refleurit.
Karl RISTIKIVI (écrivain estonien)


Photos prises à Angkor Vat (Cambodge)

Gilles LUCIANI (Auteur Photographe)

Expositions

Expo Galerie Haut Brion à Pessac en 2016

Maison des Arts à Gujan-Mestras en Août 2017

Cabane Cap Noroit, Port de Larros à Gujan-Mestras octobre 2017 à mai 2018

Vinimarché St-Genès,  à Bordeaux juin/juillet 2018

Maison des Arts à Gujan-Mestras  août 2018

Caves Briaud à Bordeaux, septembre 2018

La Conserverie à Bordeaux, décembre 2018 et janvier 2019

Le GascoPub à Pessac, avril, mai et juin 2019

Maison des Arts à Gujan-Mestras du 20 au 26 août 2019

Comptoir d'Indochine à Bordeaux du 1er septembre au 15 octobre 2019

Cabane 248 Port de Larros à Gujan-Mestras les 17 et 18 octobre 2020

Le Café de l'Horloge à Talence du 6 mars 2020 à fin septembre 2021

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B
Gilles, je viens de refaire une promenade sous tes arbres, <br /> en prenant le temps de lire tous ces beaux poèmes<br /> et textes de chansons, qui sont choisis divinement.<br /> J'ai même pu croiser une dame plongée dans la lecture, <br /> elle avait l'air heureuse au pied de son arbre ....<br /> je suis admirative devant ce "documentaire" de haute qualité !
Répondre
Que te dire si ce n'est un immense merci encore d'avoir pris le temps de lire ce qui a été écrit. Tu as pu donc voir cette dame qui m'est chère et qui m'accompagne déjà depuis un bout de chemin dans mes déambulations et dans mes délires... Encore 64 ou 65 mercis pour tes mots, à toi de voir. Bises de nous 2 (tu m'excuseras de t'avoir affublée d'un y... sur le précédent message que je ne peux modifier)
B
Felicitations !!!<br /> Et c'est bien maigre pour le boulot que tout cela représente de recherches , de travail, de concentration , et tout et tout.<br /> Chapeau bas cher Gilles pour ces oeuvres qui nous ravissent de beauté et de découvertes multiples.<br /> Bravo !!
Répondre
Je te remercie grandement Marie-Lyse. Tu es adorable. Oui, c'est un peu de travail en effet, mais nos arbres et notre Nature le méritent, je pense. Je t'embrasse et au plaisir de se retrouver.